Ces écrivains firent des compromis avec le pouvoir soviétique et n’eurent pas à le regretter

Fenêtre sur la Russie (Photo: Legion Media ; OpenAI)
Fenêtre sur la Russie (Photo: Legion Media ; OpenAI)
Pour ces écrivains, la Révolution d’Octobre ne fut pas seulement un événement historique, mais un choix personnel qui changea leur vie.

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1. Maxime Gorki (1868–1936)

ullstein bild / Getty Images
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En 1917, Maxime Gorki était depuis longtemps un auteur connu et reconnu. Il avait déjà publié le roman La Mère et les pièces Les Bas-Fonds et Vassa Jéleznova (1re version). Le Chant du Pétrel avait fait de lui le chantre des aspirations révolutionnaires. Mais, il fut critique à l’égard de la Révolution d’Octobre. Dans ses Pensées intempestives, il dénonça les méthodes barbares des Bolchéviks et le caractère prématuré de la Révolution. Ce fut pourquoi il quitta la Russie soviétique en 1921. Son retour en URSS fut le fruit d’un compromis difficilement négocié. En échange de sa loyauté au pouvoir soviétique, Maxime Gorki obtint un hôtel particulier luxueux dans le centre de Moscou ; des datchas ; la décoration de l’ordre Lénine ; son nom donné à Nijni-Novgorod, sa ville de naissance ; la direction de l’Union des écrivains ; le statut de fondateur du réalisme soviétique. Il fut officiellement reconnu comme le plus grand écrivain vivant du pays.

2. Alexis Tolstoï (1883–1945)

Gueorgui Petroussov / Sputnik
Gueorgui Petroussov / Sputnik

En 1917, Alexis Tolstoï avait déjà publié plusieurs récits, nouvelles et pièces qui étaient jouées dans les théâtres de Pétrograd. En 1918, il émigra en Europe occidentale où il vécut dans plusieurs pays. Cinq ans plus tard, il rentra en URSS où il comprit rapidement les règles du jeu. Il paria alors sur le pouvoir soviétique. Il reçut un hôtel particulier, plusieurs datchas, des droits d’auteur conséquents, différentes distinctions, le prix Staline plusieurs fois. Sa trilogie Le Chemin des tourments, son roman historique Pierre Ier, ses œuvres de science-fiction sont des classiques de la littérature soviétique. « Le comte rouge », comme il était surnommé, fut député du Soviet suprême et académicien. Le pouvoir l’encensait comme « l’ingénieur des âmes humaines ».

3. Samouïl Marchak (1887–1964)

Sputnik
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Durant la guerre civile, le futur classique de la littérature pour enfants se trouvait dans le sud de la Russie où il collabora activement à la presse de l’opposition au pouvoir soviétique. Il publiait dans le journal libéral Le Matin du Sud, dont il finit par diriger la rédaction, sous le pseudonyme de « Docteur Friken ». Selon les historiens, le ralliement de Samouïl Marchak au pouvoir bolchévique fut contraint. Ce qui ne l’empêcha pas plus tard de devenir l’un des traducteurs et écrivains pour enfants les plus publiés. Il fit une belle carrière : député du conseil municipal de Moscou des députés des travailleurs ; quatre fois récipiendaire du prix Staline, une fois de l’ordre Lénine ; décoré de plusieurs autres récompenses.

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4. Vladimir Maïakovski (1893–1930)

Legion Media
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En 1917, le poète était déjà une étoile du mouvement futuriste. Il accueillit la Révolution avec un immense enthousiasme. Il l’appelait même « ma révolution ». Sa collaboration avec le pouvoir fut active et fructueuse : il travailla dans des éditions de propagande, créa des affiches et des slogans pour diffuser l’idéologie bolchévique. Vladimir Maïakovski jouissait du plein soutien du pouvoir. Il obtint les plus grandes possibilité de publier, de se produire et de voyager. Il fut le plus grand « poète-tribun » du pays et conserva ce statut après sa mort.

5. Sergueï Essénine (1895–1925)

GVP0 / Global Look Press
GVP0 / Global Look Press

Comme son aîné Vladimir Maïakovski, Sergueï Essénine fut enthousiasmé par la Révolution bolchévique. Il retirait d’importants droits d’auteur de ses publications dans les éditions soviétiques les plus importantes : il avait suffisamment de revenus pour pourvoir à ses moyens et à celui de ses deux sœurs qui vivaient à Moscou. Le contrat qu’il signa avec La Maison d'édition d'État de la RSFSR (Госиздат) concernant la publication de ses œuvres en trois volumes lui rapporta 10 000 roubles (une somme considérable pour l’époque) en fit l’un des hommes de lettres les plus fortunés du début des années 1920. Il publia des recueils aux titres évocateurs de Rous’ Soviétique et Pays Soviétique, il composa des poèmes témoignant de sa loyauté au pouvoir soviétique (par exemple, Chant de la Grande Marche ou La Ballade des Vingt-Six. Mais, il resta un « хулиган / mauvais garçon », selon sa propre expression. Ni l’aisance matérielle, ni la liberté intérieure ne lui épargnèrent la fin tragique qu’il connut en 1925.

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