Pourquoi Staline ne s’est-il pas adressé au peuple le jour de l’invasion allemande?

Emmanuel Evzerikhine/MAMM/MDF/russiainphoto.ru
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C’est le commissaire du peuple (équivalent de ministre) aux Affaires étrangères, Viatcheslav Molotov, qui annonça aux citoyens soviétiques, dans une allocution radiodiffusée le 22 juin 1941, l’invasion du pays par les troupes allemandes. Le fait que cette annonce ne soit pas faite par le chef de l’État fut surprenant.

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Par la suite, s’est répandue l’hypothèse selon laquelle Staline, profondément bouleversé, se serait retiré de la direction des affaires de l’État durant les premiers jours de la guerre.

« Son visage, marqué par la variole, était tiré et laissait transparaître un profond accablement », se souvenait Iakov Tchadaïev, chef de l’appareil du Conseil des commissaires du peuple. « Sa voix elle-même s’était faite plus faible, et les directives qu’il donnait pour organiser la lutte armée ne correspondaient pas toujours à la situation du moment », faisait noter Gueorgui Joukov.

Et pourtant, Staline ne se désengagea pas de la direction du pays. Dès le petit matin, il tînt sans relâche des réunions avec les chefs militaires et les responsables du Parti. C’est au cours de l’une d’elles qu’il fut décidé de confier à Molotov l’annonce de l’invasion allemande.

« Nous étions tous opposés : le peuple ne comprendrait pas pourquoi, à un moment historique aussi décisif, ce ne serait pas Staline qui s'adresserait à la nation, se souvenait Anastase Mikoïan, membre du Politburo. Mais nos arguments n’eurent aucun effet ».

« Il ne voulait pas être le premier à intervenir ; il fallait d’abord disposer d’une image plus claire de la situation, du ton à adopter et de l’approche à suivre, expliquait Molotov. Il a dit qu’il attendrait quelques jours et qu’il s’exprimerait lorsque la situation sur les fronts serait plus claire ».

L’isolement de Staline eut bien lieu, mais une semaine plus tard. Informé de la chute de Minsk, il se retira dans sa résidence proche de Moscou et disparut littéralement pour une journée et demie. Toutefois, dès le 30 juin, il approuva la création de l’organe suprême de direction - le Comité d’État à la Défense - et, le 3 juillet, il s’adressa à la population soviétique.

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