Pourquoi Léon Tolstoï priait-il sa défunte mère?
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Fille d’un noble influent sous le règne de Catherine la Grande, la princesse Marie Volkonskaïa avait reçu une éducation brillante. Elle parlait plusieurs langues et possédait un remarquable talent de conteuse. Après la mort de son père, homme sévère, elle épousa le comte ruiné Nicolas Tolstoï. Ce mariage s’avéra heureux: elle donna naissance à cinq enfants, dont le futur écrivain Léon Tolstoï.
Cependant, Maria mourut peu après la naissance de sa fille cadette. Léon n’avait alors pas encore deux ans et ne conserva aucun souvenir d’elle. Aucun portrait ne resta après elle : selon les témoignages de ses contemporains, elle n’était pas belle, ce qui la complexait.
Par conséquent, l’image de sa mère s’est formée chez Léon à partir des récits de ses proches et des histoires familiales. L’absence de souvenirs réels lui permit de façonner, dans son imagination, un idéal inaccessible et sans la moindre imperfection. Sa mère devint ainsi pour lui le symbole même de l’amour absolu et inconditionnel.
Tolstoï lui-même expliquait qu’il la percevait comme un être si élevé, si pur et si spirituel que, souvent, au milieu de sa vie, lorsqu’il luttait contre les tentations qui l’envahissaient, il priait son âme en lui demandant de l’aider. Et d’après ses dires, cette prière l’a toujours aidé.
L'on considère que sa mère a inspiré deux personnages essentiels de son œuvre : la princesse Marie Bolkonskaïa dans Guerre et Paix et la figure de la maman dans la nouvelle autobiographique Enfance.
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