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De quelles phobies souffraient certains des classiques de la littérature russe?

Fenêtre sur la Russie (Créé par OpenAI)
Aussi remarquable qu’ait été leur talent pour l’écriture, les grands auteurs russes étaient des hommes comme les autres. Comme tout un chacun, ils avaient des phobies dont ils ne purent se défaire.

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Alexandre Pouchkine craignait les mauvais présages

Il était de notoriété publique que le poète était extrêmement superstitieux. Il ne s’asseyait pas à une table de treize convives ; il ne restait pas dans une pièce où étaient allumées trois bougies (qui annonçaient la mort) ; il ne poursuivait pas son chemin s’il venait de voir un lièvre traverser la route ou s’il avait rencontré un prêtre. Son mariage avec Natalia Gontcharova fut assombri par trois mauvais présages. Après que les mariés eurent tourné autour du lutrin, la croix et l’évangéliaire en tombèrent. La bougie que tenait le poète s’éteignit et son alliance tomba également au sol. Jusqu’à la fin de sa vie, il crut à une prédiction que lui avait faite une diseuse de bonne aventure. Elle lui avait révélé qu’il mourrait par la faute « d’une tête blanche, d’un homme blanc ou d’un cheval blanc ».

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Nicolas Gogol craignait d’être enterré vivant

Dans l’enfance, Nicolas Gogol avait fait une encéphalite parasitaire. Toute sa vie, il lui arriva à la suite de cette maladie de tomber dans des comas qui pouvaient durer de quelques heures à quelques jours. Lorsqu’il était dans cet état d’inconscience, son pouls était à peine perceptible et son cœur battait faiblement. D’où la terreur qu’il avait d’être déclaré mort et enterré vivant. Pour réussir à dormir tout en contrôlant son état, Nicolas Gogol évita pendant dix ans de se coucher dans un lit. Il préférait sommeiller assis dans un fauteuil ou sur un divan. Dans son testament, il écrivit à dessein : « Ne m’enterrer qu’à l’apparition de signes évidents de décomposition sur mon corps ». L’écrivain était un homme aux nerfs sensibles : il avait peur des orages, des escargots et des limaces. Il ressentait aussi de l’appréhension lorsqu’il était entouré de gens qu’il ne connaissait pas.

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Ivan Tourgueniev craignait la maladie et la mort

Toute sa vie, Ivan Tourgueniev eut peur de la maladie. Dès son jeune âge, il eut une tendance à l’hypocondrie, resta très attentif à son état de santé et nota tous ses malaises et indispositions. Il lut même une encyclopédie médicale. Il avait hérité cette phobie de sa mère. Elle avait une peur bleue (c’est le cas de le dire) du choléra. Elle alla même jusqu’à faire sa promenade dans une calèche recouverte d’un voile. Ivan Tourgueniev craignait aussi cette maladie. Durant l’épidémie qui ravagea Paris en 1849, il était tellement certain que son heure était venue qu’il fit plusieurs crises de nerfs. 

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Vladimir Maïakovski craignait les microbes

Le père de Vladimir Maïakovski fit une septicémie après s’être, par inadvertance, piqué un doigt en épinglant des papiers ensemble. La mort de son père à cause d’une blessure aussi insignifiante laissa au poète une impression indélébile. Il avait une peur panique de la moindre infection : il évitait de toucher des poignées de portes et autres objets de ce genre dans les lieux publics, il portait souvent des gants, il avait toujours un morceau de savon dans l’une de ses poches. Il se tenait éloigné des épingles comme le père de la Belle au Bois Dormant la tenait des quenouilles et des rouets.

Сергей Есенин
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Sergueï Essenine craignait la syphilis

Le poète avait une peur pathologique de la syphilis. Dans son Roman sans Mensonge, le poète Anatoli Marienhof se souvenait qu’à l’apparition du moindre petit bouton sur le nez, son ami devenait sinistre et pouvait passer des heures à aller de glace en glace pour l’observer : « Un jour, il alla même à la Roumiantsevka (polyclinique rue Bolchaïa Serpouhovskaïa à Moscou – ndlr) pour savoir s’il avait des symptômes de cette terrible affection. Au moindre doute : "La couronne de Vénus !". Lorsque Potchiom-Sol’ (le journaliste Mikhaïl Mourachev – ndlr) et lui rentrèrent du Turkestan, Essenine eut quelques petits saignements de gencives à force d’avoir mâché des abricots secs. À tous ceux qu’il rencontrait, il demandait avec insistance : "Je saigne. Ce n’est pas le premier stade ?" ».

Михаил Булгаков
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Mikhaïl Boulgakov avait peur de dormir

Adulte, l’auteur du Maître et Marguerite était neurasthénique. Plus jeune, il avait souffert d’une addiction à la morphine à cause de laquelle il faisait des cauchemars. Il pouvait ne pas comprendre s’il était en état de veille ou s’il dormait vraiment et, quand il se réveillait, avait du mal à retrouver son état normal. D’où la peur de dormir.

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