Cinq histoires extraordinaires de la vie de Nicolas Gogol (qu’il inventa peut-être)
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Jusqu’à aujourd’hui, les spécialistes de la vie et de l’œuvre de Nicolas Gogol ne savent pas exactement si certaines histoires qu’il raconta sur lui étaient vraies ou non. Fenêtre sur la Russie vous rapporte cinq d’entre elles dont on trouve la trace dans les mémoires de ses contemporains et dans les travaux d’historiens de la littérature.
1. Noya un chat
Nicolas Gogol raconta à Alexandra Smirnova-Rosset, l’une de ses amies, qu’il avait noyé un chat lorsqu’il avait cinq ans. Voilà comment, selon lui, cela arriva. Ses parents étaient absents. Soudain, il vit un chat s’approcher de lui. « Je n’oublierai jamais comment il s’avançait, en s’étirant, comment les griffes au bout de ses pattes souples cliquetaient sur les lattes du parquet, comment de ses yeux verts émanait une lumière mauvaise. Je fus saisi de peur. Je grimpai sur le divan et me blottis contre le mur ». L’enfant saisit le chat, courut dans le jardin et jeta l’animal dans la mare. À chaque fois que le malheureux tentait de remonter sur le bord, l’enfant le repoussait avec un bâton. Lorsque le chat se noya, l’enfant eut l’impression d’avoir « noyé un homme ». « Je pleurai terriblement et ne pus me calmer qu’après avoir été fouetté par mon père à qui j’avais avoué mon crime ».
2. Craignait l’orage
Nicolas Gogol était d’une nature nerveuse, délicate et impressionnable. Il avait peur de tout et de rien. Durant son séjour à Baden-Baden à l’été 1837, alors qu’il lisait les premiers chapitres des Âmes Mortes à ses amis, un terrible orage éclata. Lorsque la compagnie se sépara, Nicolas Gogol demanda à Andreï Karamzine de le raccompagner jusqu’à chez lui à Graben. Il lui dit qu’il y avait là-bas des chiens errants et qu’il avait oublié de prendre sa canne. C’est pourquoi il avait peur de rentrer seul. Andreï Karamzine constata qu’il n’y avait pas de chiens à Graben. En réalité, Nicolas Gogol avait eu peur de l’orage et ses « nerfs fragiles » avaient besoin d’être soutenus. Mais, il n’avait pas osé l’avouer.
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3. Cousait et tricotait mais n’osait pas le dire
Nicolas Gogol avait quatre petites sœurs. Elles se souvenaient que, dans sa jeunesse, non seulement il aimait les tenues extravagantes, mais il leur dictait comment s’habiller. Par ailleurs, il confectionnait lui-même beaucoup des vêtements qu’ils portaient. Sa sœur Olga se rappelait la passion de son frère pour les gilets сriards et assurait qu’il savait les fabriquer. Dans une lettre à l’un de ses parents, le jeune Nicolas Gogol faisait, non sans humour, la liste précise de ses nombreux talents : « Mes qualités vous sont encore inconnues. Je suis un bon tailleur, je peins d’assez belles fresques sur les murs, je cuisine ». Le musée Gogol à Moscou possède dans ses collections une aiguille à coudre que la mère de l’écrivain lui avait offerte.
4. Entendait des voix venues de l’au-delà
Dans la biographie Sur les Traces de Gogol qu’il lui consacra, Igor Zolotousski affirme que le futur écrivain grandit dans une atmosphère mystique et religieuse. Dans sa famille, on croyait en Dieu. Mais, on était superstitieux et persuadé que les prophéties se réaliseraient tôt au tard. Peu avant de mourir, le père de Vassili Gogol entendit des « voix » qui lui prédirent sa fin prochaine. Son fils hérita de cette faculté. Selon les témoignages de contemporains, il affirmait avoir brûlé la seconde partie des Âmes Mortes sur injonction du « malin ».
5. Dormait assis et craignait d’être enterré vivant
En 1839, alors qu’il se trouvait en Italie, Nicolas Gogol fut atteint d’une forme grave de paludisme qui laissa des séquelles : il était sujet à des évanouissements profonds et faisait de longues crises de somnambulisme. Dans son Testament, qui ouvre son livre Extraits Choisis de Ma Correspondance avec des Amis, Nicolas Gogol demandait : « Sain de corps et d’esprit, j’exprime ici ma dernière volonté : ne pas m’enterrer avant de constater des signes évidents de décomposition sur mon cadavre. Je fais cette demande parce que, durant ma maladie, il est arrivé que mes forces vitales soient paralysées et que mon cœur et mon pouls cessent de battre ». L’écrivain avait une peur panique qu’on ne le déclare mort après une de ses crises, qu’on ne l’inhume et qu’il ne reprenne connaissance dans son cercueil. Cette crainte était tellement grande que durant les 10 dernières années de sa vie, il ne dormait plus couché, mais assis ou à moitié allongé dans un fauteuil ou sur un divan.
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