Quand le Faux-Dmitri Ier a ouvert un «portail vers l’enfer» sur la Moskova

Kira Lissitskaïa (Photo: Open AI; Domaine public)
Kira Lissitskaïa (Photo: Open AI; Domaine public)

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« Sorcellerie ! », s’écriaient les habitants les plus sensibles en découvrant un sinistre décor dressé sur les rives de la Moskova, avant de se précipiter vers les églises. Ceux dont les nerfs étaient plus solides se signaient, tout en maudissant à voix basse le Premier Faux-Dmitri (1605-1606), qui s’était emparé du pouvoir à Moscou.

À l’hiver 1606, il a en effet organisé des « jeux démoniaques à l’image de l’enfer ». Le marchand néerlandais Isaac Massa, dans ses mémoires consacrées à la Moscovie, rapporte qu’en face du Kremlin, directement sur les berges de la Moskova, avait été construit un véritable « enfer de divertissement ». Une forteresse mobile, équipée de petits canons et crachant feu et fumée, était ornée de représentations de l’au-delà infernal.

Certains contemporains affirmaient même que, depuis les appartements du Faux-Dmitri, l'on pouvait apercevoir une vision de l’enfer à trois têtes, dont les mâchoires étaient décorées de clochettes de cuivre, tandis que des flammes semblaient jaillir de ses bouches et de ses oreilles.

Afin de donner l’impression qu’un portail vers l’enfer s’était ouvert en plein cœur de la ville, des acteurs déguisés en démons sortaient régulièrement de la forteresse pour offrir un spectacle saisissant : ils aspergeaient les passants distraits d’eau et les enduisaient de goudron.

Les rumeurs affirmant que l’usurpateur était un sorcier lié au diable circulaient déjà, et l’apparition d’une telle construction ne fit que les alimenter davantage. En réalité, la construction avait été édifiée dans un but d’intimidation à l’égard des Tatars : une vision aussi terrifiante devait suffire à faire fuir n’importe quel envahisseur.

Isaac Massa rapporte que les Moscovites en vinrent à appeler cette forteresse la « créature de l’enfer » et à croire que le Faux-Dmitri y avait enfermé le diable lui-même. Après la mort de l’usurpateur, la structure fut elle aussi réduite en cendres.

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