Que montre Ilia Répine sur son tableau Le 17 octobre 1905?
Outre sur Telegram, Fenêtre sur la Russie diffuse désormais du contenu sur sa page VK! Vidéos, publications dédiées à l’apprentissage du russe et plus encore dans notre communauté
Une foule en liesse de gens qui sourient et qui crient, des fleurs, des drapeaux rouges ... c’est ainsi qu’Ilia Répine illustra la réaction du peuple à l’annonce de la signature par le tsar Nicolas II du manifeste intitulé Du Perfectionnement de l’Ordre de l’État. Le peintre choisit la date de publication de ce document – le 17 octobre 1905 – comme titre de sa toile. L’empereur y proclamait les libertés de conscience, d’expression, de réunion, d’association et instituait une Douma d’État dotée des pouvoirs législatifs.
Dans un contexte de crise sévère, le pouvoir avait dû faire de sérieuses concessions à la société. Une vague révolutionnaire déferlait sur le pays : environ deux millions de personnes avaient participé à la grève générale déclenchée le 7 / 20 octobre 1905. Le faible niveau de vie, l’absence de libertés politiques et le manque de volonté du tsar d’entreprendre des réformes avaient depuis longtemps provoqué le mécontentement de la population. Dix mois plus tôt, le 9 / 22 janvier 1905, l’écrasement dans le sang d’une manifestation pacifique d’ouvriers à Saint-Pétersbourg avait été l’étincelle déclenchant ce qui reste dans l’histoire comme la Révolution de 1905. En ce Dimanche Rouge plus d’une centaine de personnes avaient perdu la vie.
La publication de ce manifeste ne résolut pas les problèmes et n’arrêta pas le mouvement révolutionnaire en cours : les grèves, les meetings et les soulèvements armés durèrent encore plusieurs années. Mais, ce texte était la promesse de l’instauration d’une monarchie constitutionnelle.
Ilia Répine accueillit le manifeste du 17 octobre avec enthousiasme : « Une digue a sauté ... il n’est plus possible de contenir la force de l’eau de la rivière qu’elle retenait : elle coule à flots ! ». Sur cette toile de 1907, retravaillée quatre ans plus tard, il exprime les sentiments qu’il éprouva alors.
Le prisonnier amnistié est l’allégorie des changements. Porté par la foule, il agite les fers dont il a été libéré. Au premier plan, Ilia Répine donne à voir des représentants de l’élite libérale qui, d’une façon ou d’une autre, avaient œuvré à l’avènement de ce jour. Parmi eux, l’homme barbu à gauche est le linguiste et enseignant Mstislav Prakhov mort en 1879.
Aujourd’hui, ce tableau appartient aux collections du Musée Russe de Saint-Pétersbourg.
Dans cette autre publication, partez à la découverte d'autres œuvres de l'artiste.