Les unités de barrage soviétiques tiraient-elles vraiment sur les soldats qui reculaient au combat?
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« En ramenant les soldats pris de panique à la raison, en les reconduisant à leurs positions, dans les tranchées, les troupes de barrière les sauvèrent de la mort, ainsi que ceux qui n’avaient pas quitté la ligne qu’ils tenaient », écrivit le maréchal Constantin Rokossovski au sujet d’une unité de barrage.
On a l’habitude de penser que la formation des troupes anti-retraite fut décidée par le décret N°227 du 28 juillet 1942 de Joseph Staline, connu comme « Ни шагу назад! / Pas un pas en arrière ». En réalité, les unités de barrage des armées du Commissariat du Peuple aux Affaires Intérieures (NKVD) étaient disposées à l’arrière des lignes de front dès le début de la Grande Guerre patriotique. Elles capturaient les maraudeurs et les saboteurs, renvoyaient les soldats distancés dans leurs unités et déféraient les déserteurs à la justice militaire.
À l’automne 1941, des troupes de barrage furent également formées au sein de l’Armée rouge : on les positionnait à l’arrière des unités les moins solides. Leurs membres étaient choisis parmi les combattants les plus vaillants, dont on attendait qu’ils soutiennent dans les moments critiques ceux de leurs camarades d’armes dont la volonté faiblissait.
Les effectifs des unités de barrière étaient modestes. Ils n’avaient ni l’intention, ni les moyens de faire monter des milliers de soldats à l’attaque et encore moins de les faucher à la rafale. Aucune source digne de foi ne témoigne de telles pratiques. Les hommes des unités anti-retraite se servaient de leurs armes contre des soldats qui répandaient la panique dans les rangs et incitaient leurs camarades à déserter. Ou lorsqu’il leur était impossible de rétablir l’ordre autrement. Ces cas faisaient l’objet d’enquêtes minutieuses.
Les soldats des troupes de barrage ne se tenaient pas dans le dos des combattants, notamment parce qu’ils allaient eux-mêmes au feu. Ainsi, en septembre 1942, au début de la bataille de Stalingrad, les unités anti-retraite de la 62e armée résistèrent quatre jours durant aux attaques ennemies et tinrent leurs positions jusqu’à l’arrivée de renforts.
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