Quatre films du réalisateur Nikita Mikhalkov entrés dans l’histoire du cinéma mondial

Сергей Савостьянов / TASS
Сергей Савостьянов / TASS
Nikita Mikhalkov est depuis longtemps l’un des réalisateurs russes les plus célèbres et célébrés au monde. Ces quatre films ont concouru à faire de lui une légende de l’histoire du cinéma.

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Esclave de l’Amour / Раба любви (1975)

Legion Media
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Une vedette du cinéma muet et une équipe de cinéma ont fui Moscou où les bolcheviks ont pris le pouvoir. Elles ont trouvé refuge sur les bords de la mer Noire où elles entreprennent de tourner un film. Elles espèrent que le cauchemar de la Révolution prendra rapidement fin. Les illusions de ces intellectuels se fracassent contre la trivialité de la réalité. Nikita Mikhalkov décrit avec beaucoup d’ironie l’absurdité du « processus de création » en improvisant avec emballement des scènes du tournage d’un mélodrame de salon brûlant. L’héroïne tombe amoureuse du directeur de la photographie qui est un révolutionnaire bolchévique clandestin. Le dénouement de ce film tourné au milieu des années 1970 répond aux exigences doctrinales de l’époque : l’actrice se convainc de la pureté des idéaux bolchéviques et hurle aux soldats de l’armée blanche qui viennent de tuer son bien-aimé sous ses yeux : « Messieurs, vous êtes des monstres ! ». Esclave de l’Amour est le premier film de Nikita Mikhalkov dans lequel on discerne ce qui fait sa patte : la nostalgie des valeurs perdues de l’intelligentsia russe et la méticulosité à reproduire les détails du quotidien des époques passées. Le public soviétique a fait un véritable triomphe à ce long métrage. Il a obtenu le prix de la réalisation au festival de Téhéran en 1976, a été encensé par des critiques de New York et Los Angeles et récompensé dans la catégorie « films étrangers » du National Board of Review américain en 1978.

Partition Inachevée pour Piano Mécanique / Неоконченная мелодия для механического пианино (1977)

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Ce long métrage est l’une des meilleures adaptations d’œuvres d’Anton Tchékhov à l’écran. Son scénario est librement inspiré de sa première pièce de théâtre, Platonov, et de plusieurs de ses récits. Nikita Mikhalkov rend avec un humour bienveillant, tantôt légèrement grotesque, tantôt légèrement nostalgique, les réflexions d’Anton Tchékhov sur l’inconsistance et la vanité des élans altruistes de l’intelligentsia, ainsi que sur l’abîme qui sépare « le petit peuple » et ceux qui bavardent au sujet de sa condition accablante. Le personnage principal, autrefois animé par le désir de servir le peuple et de lui faire appréhender la raison, la bonté et l’éternité, vit douloureusement la faillite de ses illusions romantiques de jeunesse et la conscience de son insignifiance. On le sent prêt à commettre l’irréparable contre lui-même. Grâce à Nikita Mikhalkov, on entend l’écho de la poésie de la vie sur les propriétés terriennes de province à la fin du XIXe siècle. Ce long métrage a reçu de nombreuses récompenses, dont la Coquille d’Or du festival de San-Sébastien en 1977, le Hugo d’or du festival de Chicago et un David di Donatello l’année suivante.

Les Yeux Noirs / Очи чёрные (1987)

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Cette adaptation de plusieurs nouvelles d’Anton Tchékhov, dont La Dame au Petit Chien, est certainement le film de Nikita Mikhalkov le plus connu au-delà des frontières de la Russie. Dans une ville du bord de mer, un architecte italien qui a réussi fait par hasard la connaissance d’une femme russe mariée. Ils tombent amoureux l’un de l’autre mais sont rapidement déchirés entre leur passion et le devoir envers leurs familles. Cette co-production soviéto-italo-américaine a été montée pour plaire à un public international : l’action se déroule en Italie, Marcello Mastroianni tient le rôle principal, les clichés sur l’énigmatique caractère russe et les références à la nature exotique de la Russie sont nombreux, les romances tziganes agrémentent l’histoire. L’équipe du film a atteint son but : le film a connu un grand succès au-delà des frontières de l’URSS, valu à Marcello Mastroianni un second prix d’interprétation masculine au festival de Cannes (1987) et un énième prix du meilleur acteur au David di Donatello (1988) et une troisième nomination aux Oscars (1987). Elena Safonova a, elle, été récompensée du David di Donatello dans la catégorie « meilleure actrice ». Les Yeux Noirs ont également été nommés au Golden Globes dans la catégorie « meilleur film étranger ».

Soleil Trompeur / Утомлённые солнцем (1994)

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Cette co-production franco-russe est le premier volet de la trilogie que Nikita Mikhalkov consacra au destin du commandant de division Sergueï Kotov (qu’il interprète lui-même) et celui qui a eu le plus de succès. Communiste fervent bien vu de Joseph Staline, Sergueï Kotov est l’un des nombreux fidèles du pouvoir soviétique qui sont arrêtés avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Ce film parle du dilemme moral auquel chacun a dû faire face à l’époque stalinienne, de la perfidie des tyrans, de l’ambiguïté de toutes les situations et de toutes les phrases anodines. Il montre aussi que même les meilleurs pouvaient voir leur destin brisé en un instant : être séparés de leur famille et envoyés en camp de travail. Dans ce long métrage, Nikita Mikhalkov a fait une fois encore la preuve de ses talents de scénariste, de réalisateur et d’acteur. Ce film a obtenu le Grand Prix du festival de Cannes (1994) et un Oscar dans la catégorie « meilleur film étranger » (1995). Le dramaturge britannique Peter Flannery l’a adapté à la scène. La première a eu lieu à Londres en 2009.

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