Cinq raisons de regarder le légendaire film soviétique Quand passent les cigognes

Photographers/Legion Media
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Ce film en noir et blanc a été l’un des premiers signes annonciateurs du dégel.

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1. Le film a remporté la Palme d’or

Keystone-France/Gamma-Keystone/Getty Images
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C’est le seul film soviétique à avoir remporté la principale récompense du Festival de Cannes, ainsi que le prix de la meilleure photographie et un prix spécial pour le meilleur rôle féminin. L’on a qualifié ce film de miracle : il montrait la guerre non pas au front, mais à l’arrière, et racontait non pas une histoire d’exploit militaire, mais une épreuve morale. Dans l’intrigue, le fiancé de l’héroïne part au front, et elle épouse le frère de celui-ci, bien qu’elle ne l’aime pas et attende le retour de son fiancé. Après la victoire, elle apprend que son bien-aimé a péri.

2. Adapté d’une pièce interdite par la censure

Nikolaï Rakhmanov/TASS/Legion Media Mikhaïl Kalatozov et Tatiana Samoïlova (à droite) lors de la réception du prix Victoire (Pobeda) pour le film Quand passent les cigognes en 1960
Nikolaï Rakhmanov/TASS/Legion Media

Le film s’inspire de la pièce Éternellement vivants du dramaturge et ancien combattant Viktor Rozov. Or, la Direction générale de la littérature et de l’édition avait refusé de la publier. Et pourtant, l’on a commencé à en parler après que la mise en scène d’Éternellement vivants eut inauguré, en 1956, le théâtre moscovite Sovremennik. C’est alors que le réalisateur Mikhaïl Kalatozov a demandé à Rozov d’écrire un scénario d’après la pièce.

3. L’un des premiers films de la période du dégel

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La critique s’est divisée en deux camps. Les uns reprochaient au réalisateur que son film, consacré aux années de guerre, « s’égare et réduise l’ampleur des grandes questions existentielles à la mesquinerie des tourments psychologiques et des effets cinématographiques ». Le secrétaire général Nikita Khrouchtchev était tellement indigné par l’héroïne principale, qui avait trahi son amour, qu’il qualifia Veronika de femme déchue. D’autres estimaient que « les Cigognes » ouvraient une nouvelle page du cinéma en racontant une histoire d’amour sans le cadre incontournable des chantiers, des records stakhanovistes et autres éléments du genre.

La critique occidentale était elle aussi enthousiaste : « La Russie a lancé ici un satellite dans le domaine de la culture : c’était un film émouvant et éloquent sur des amants malheureux », écrivaient les journaux américains après la première du film aux États-Unis.

Pour l’actrice Tatiana Samoïlova, ce rôle a été celui qui l’a propulsée au rang de star. L’artiste Pablo Picasso la qualifiait de « déesse russe ». L’un des studios hollywoodiens l’invita à tenir le rôle principal dans l’adaptation cinématographique d’Anna Karénine, avec Gérard Philipe dans le rôle de Vronsky. Cependant, les autorités soviétiques refusèrent catégoriquement de la laisser partir à l’étranger.

4. Un magnifique travail de prise de vue

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Mikhaïl Kalatozov a fait ses débuts en tant que chef opérateur. C’est peut-être pour cette raison qu’il a formé un tandem idéal avec le directeur de la photographie du film, Sergueï Ouroussevski, lors du tournage de Quand passent les cigognes. Grâce à lui, l’histoire personnelle racontée dans le film a pris une toute autre ampleur, se transformant en une épopée. Le réalisateur Gleb Panfilov s’émerveillait devant la liberté de mouvement de la caméra dans le film, comme si elle planait dans les airs, et qualifiait le travail de l’opérateur de miracle. Associé aux jeux d’ombre et de lumière, ce style de prise de vue très expressif créait un effet incroyable.

5. Il a influencé de nombreux réalisateurs célèbres

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Les maîtres russes Gleb Panfilov et Sergueï Soloviev ont avoué que c’est après avoir vu Quand passent les cigognes qu’ils ont décidé de devenir réalisateurs.

Tout comme Claude Lelouch. En 1956, il s’est rendu à Moscou au sein d’un groupe de communistes français et prévoyait de réaliser un film sur la capitale soviétique. Il a alors réussi à se rendre aux studios Mosfilm, où l’on tournait à l’époque cette œuvre. Kalatozov lui a montré les images tournées et l’a même autorisé à travailler sur le plateau. C’est à ce moment-là que Lelouch a décidé de devenir réalisateur. Plus tard, il a qualifié ce film de l’un des plus aboutis de l’histoire du cinéma.

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