Comment Mozart a failli venir en Russie

Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images Mozart à Vienne, par Jean-Baptiste-Alfred Cornilliet
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«... je voudrais vous envoyer le premier claveciniste et l’un des compositeurs les plus talentueux d’Allemagne, du nom de Mozart, qui, étant quelque peu mécontent ici, serait disposé à entreprendre ce voyage».

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Ces lignes ont été écrites en 1791 par le comte Andreï Razoumovski, ambassadeur russe à Vienne, à l’un des hommes les plus puissants de Russie, le prince Grigori Potemkine. Le diplomate était un grand amateur de musique et ne pouvait qu’admirer le talent du grand Mozart.

Dix ans plus tôt, le compositeur de 25 ans s’était produit à la cour de Joseph II devant le futur Paul Ier, le grand-duc Paul Petrovitch, et son épouse Maria Fiodorovna. Spécialement pour leur visite, il s’était empressé de terminer l’opéra L’Enlèvement au sérail, qu’il dirigea ensuite, et participa également à un concours de pianistes avec le maestro italien Muzio Clementi.

Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images Le grand-duc Paul Petrovitch et Maria Fiodorovna à Vienne en 1782, par Johann Hieronymus Loeschenkohl
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Conscient de la situation financière difficile de Mozart, Razoumovski décida de lui venir en aide. Le compositeur avait en effet désespérément besoin d’argent : la municipalité de Vienne lui avait proposé un poste, mais sans salaire. Et les commandes individuelles, bien que généreusement rémunérées, ne couvraient pas tous ses besoins. L’invitation à se rendre en Russie tombait donc à point nommé. Le prince Potemkine était de ceux qui aimaient la musique et pouvaient dépenser des sommes considérables pour leurs passions. De plus, à cette époque, il souhaitait ouvrir une université avec une académie de musique en Nouvelle-Russie.

« Si vous me le permettez, Votre Excellence, je l’inviterais, non pas pour longtemps, mais simplement pour qu’il vienne vous rencontrer, afin que vous puissiez l’entendre et, si vous le jugez nécessaire, l’engager à votre service », le persuada Razoumovski.

Cependant, hélas, cette proposition resta lettre morte : Potemkine n’eut pas le temps ou oublia de répondre à la lettre, et quelques mois plus tard, il mourut, suivi peu après par Mozart lui-même.

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