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L’histoire de la Russie au XXe siècle illustrée en peinture

Domaine public
L’histoire du XXe siècle russe et soviétique n’intéressa pas moins les peintres que celle des époques précédentes. Ce siècle s’ouvrit sur la Révolution de 1905 et s’acheva par la chute de l’URSS et l’apparition de la Russie moderne.

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Domaine public

1. Wojciech Kossak. Le Dimanche Rouge (1905)

L’Empire russe fut confronté, au début du XXe siècle, à une série d’épreuves accablantes. Les problèmes économiques, les tensions sociales, l’absence de libertés politiques et la défaite contre le Japon en 1905 furent, entre autres, les raisons de la première révolution, aujourd’hui désignée comme Révolution de 1905-1907. Son déclenchement fut précipité par la répression sanglante d’une manifestation pacifique d’ouvriers le 9/22 janvier 1905 à Saint-Pétersbourg qui fit plusieurs dizaines de morts. Cette journée reste connue comme le Dimanche Rouge (Кровавое воскресенье, littéralement le dimanche sanglant).

L’agitation puis les troubles gagnèrent tout le pays. La terreur révolutionnaire se renforça. Le pouvoir fit finalement des concessions : création de la Douma d’État (parlement), autorisation des syndicats, amélioration des conditions de travail.

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2. Kouzma Pétrov-Vodkine. Sur la Ligne de Feu (1916)

Après que l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie eurent déclaré la guerre à la Russie respectivement les 1er et 6 août 1914, le pouvoir et la société russes escomptaient une victoire rapide et écrasante. Au lieu de cela, ils durent se résoudre à mener une longue guerre de position qui provoqua des pertes humaines considérables et exigea des efforts économiques qui affaiblirent plus encore l’Empire. Au début de l’année 1917, la lassitude de la population et la dégradation de la situation économique trouvèrent leur expression dans la Révolution de Février. Nicolas II abdiqua. Après avoir régné un peu plus de trois cent trois ans sur la Russie, la dynastie Romanov était déchue.

Galerie Tretiakov

3. Vladimir Sérov. Lénine Proclame l’Instauration du Pouvoir Soviétique (1962)

Après la chute de la monarchie, la république fut proclamée en Russie. Sans en avoir toujours envisagé les conséquences, le gouvernement provisoire entreprit de détruire l’ordre ancien dans toutes ses manifestations. La démocratisation dans l’armée eut des effets tout à fait pernicieux. Des questions urgentes et fondamentales comme celles de la terre et de la sortie de la Russie du conflit mondial ne furent pas réglées. Les bolcheviks utilisèrent à leur avantage la faiblesse et les atermoiements du Gouvernement Provisoire. À la suite d’un coup d’État, ils le renversèrent le 26 octobre/8 novembre 1917. La Russie plongea alors dans la guerre civile. 

Galerie Tretiakov

4. Iouri Piménov. On Te Doit l’Industrie Lourde ! (1927) 

Au milieu des années 1920, les bolcheviks parvinrent à écraser les mouvements contre-révolutionnaires à l’intérieur du pays, qui demeurait dans « les conditions d’un encerclement par le système capitaliste hostile ». Pour rattraper le retard économique de l’URSS par rapport aux pays occidentaux, la solution choisie fut celle d’une industrialisation à marche forcée.

La crise économique aux États-Unis consécutive du krach de 1929 permit à l’URSS de leur acheter à bas prix des équipements et d’inviter des spécialistes qualifiés. Parmi eux, l’architecte industriel Albert Khan qui, entre 1929 et 1932, construisit en URSS plus de cinq cents usines.

Galerie Tretiakov

5. Piotr Maltsev. L’Accueil de l’Equipage Héroïque (1938) 

À la fin des années 1930, l’aviation soviétique battit record sur record. Elle en devait certains au remarquable pilote Valeri Tchkalov. En 1936, ses compagnons et lui effectuèrent sur un ANT-25 un vol de trois jours sans escale entre Moscou et l’Extrême-Orient soviétique. A leur retour dans la capitale, Joseph Staline vint les accueillir en personne à l’aérodrome. L’année suivante, Valeri Tchkalov établit un nouveau record d’endurance entre Moscou et Vancouver (dans l’État de Washington). Le pilote trouva la mort le 15 décembre 1938 lors d’essais d’un nouveau chasseur.

Musée central des forces armées

6. Piotr Krivonogov. Les Défenseurs de la Forteresse de Brest (1951)

Le début de la Grande Guerre patriotique contre l’Allemagne nazie tourna à la catastrophe pour l’Armée rouge : lourdes pertes humaines, encerclements et pertes de vastes territoires. Mais, la bravoure et la force de caractère avec lesquelles les Soviétiques se battaient pour le moindre mètre firent échouer la blitzkrieg allemande. Les soldats de la Wehrmacht atteignirent les environs de Moscou tellement éprouvés et éreintés que la contre-offensive soviétique les repoussa loin de la capitale.

L’un des symboles de l’héroïsme soviétique du début de la Grande Guerre patriotique est la défense de la forteresse de Brest-Litovsk qui, avant l’invasion allemande du 22 juin 1941, se trouvait près de la ligne de partage de la Pologne entre le Troisième Reich et l’URSS. Les soldats soviétiques retranchés dans l’ouvrage opposèrent une résistance organisée et farouche pendant une semaine. Certains groupes isolés tinrent plus longtemps encore. Sur l’un des murs de la forteresse, un soldat a laissé une inscription que l’on peut lire aujourd’hui encore : « Я умираю, но не сдаюсь! Прощай, Родина. 20/VII-41/Je meurs mais ne me rends pas ! Adieu, ma Patrie. 20 juillet 1941 ».

Musée central des forces armées

7. Piotr Krivonogov. La Victoire (1948)

L’échec devant Moscou en décembre 1941 obligea le commandement allemand à revoir sa stratégie. À l’été 1942, la Wehrmacht lança une offensive d’ampleur dans le sud et atteignit le Caucase et la Volga, où sa progression fut arrêtée. La victoire de Stalingrad en février 1943 fut le tournant de la Seconde Guerre mondiale. Celle de Koursk en août de la même année confirma l’ascendant pris par les Soviétiques sur l’ennemi.

L’Armée rouge continua ensuite de repousser l’armée allemande sur toute la longueur du front. Elle l’empêcha de se fixer sur le Dniepr, délivra Leningrad du blocus et, lors de l’opération Bagration, écrasa le groupe d’armées Centre. L’Armée rouge priva progressivement le Troisième Reich de ses alliés, libéra les pays d’Europe centrale et des Balkans. À la mi-avril 1945, elle se lança à l’assaut de Berlin.

L’URSS remporta la victoire sur l’Allemagne nazie au prix des vies de vingt-sept millions de ses habitants.

Musée central des forces armées. Musée régional de Stavropol

8. Gueorgui Kouznetsov. Khrouchtchev dans la région de Stavropol (avant 1961)

La période durant laquelle Nikita Khrouchtchev dirigea l’URSS (1953-1964) reste connue comme celle du Dégel. Elle se caractérisa par une libéralisation partielle de la vie politique et sociale, par la déstalinisation et la réhabilitation d’une partie des victimes du régime stalinien, un assouplissement de la censure et une certaine liberté d’expression dans les arts. Nikita Khrouchtchev espérait ainsi ranimer la foi du peuple en le Parti communiste.

La période du Dégel fut aussi une époque de contradictions : volonté de normaliser les relations de l’URSS avec l’Occident et ouverture au monde, d’une part, et écrasement du soulèvement anti-soviétique en Hongrie en 1956, de l’autre ; débats sur les libertés de conscience et d’expression, d’une part, et forte campagne anti-religieuse et condamnation à mort d’ouvriers protestataires à Novotcherkassk en 1962.

Institut d'art réaliste russe

9. Andreï Plotnov. Au Revoir, les Terriens ! (1979)

Le 12 avril 1961 se produisit l’un des événements les plus importants dans l’histoire de l’humanité : pour la première fois, un homme effectua un vol dans l’espace. À bord de la capsule Vostok-1, le cosmonaute soviétique Iouri Gagarine fit une révolution complète autour de la Terre. Elle prit cent huit minutes.

Musée des beaux-arts de Toula

10. Anatoli Kalinnikov. L.I. Brejnev à Toula (1979)

Après le Dégel vint la Stagnation. C’est ainsi qu’on appelle aussi l’époque brejnévienne (1964-1982). Elle fut marquée par la fin du libéralisme du Dégel, le renforcement de la censure, la lutte contre la dissidence. Les élites politiques se renouvelaient à peine et finirent par se scléroser. L’innovation et les réformes d’ampleur furent sacrifiées à la stabilité. Les rythmes de la croissance économique ralentirent et la dépendance à l’exportation des ressources énergétiques vers l’Europe grandit. Paradoxalement, la stabilité de l’époque brejnévienne apporta aux Soviétiques une augmentation de leurs revenus, ce qui leur permit d’améliorer leur pouvoir d’achat et leur niveau de vie.

Galerie Tretiakov

11. Sémion Faïbissovitch. Portrait de Mikhaïl Gorbatchev (1989) 

Dès son arrivée au pouvoir en 1985, Mikhaïl Gorbatchev entreprit de réformer profondément la société soviétique, ce qui, même durant le Dégel, aurait été impensable. La Péréstroïka imposa, entre autres, de réviser les dogmes économiques soviétiques. Espérant sortir le pays de la profonde stagnation où il se trouvait, les autorités renoncèrent partiellement au principe de l’économie planifiée et firent certaines concessions à l’économie de marché. Par ailleurs, le multipartisme fut autorisé, la liberté d’expression proclamée et la censure supprimée.

Grâce à la Perestroïka, l’État soviétique fit un grand pas du totalitarisme vers la démocratie. Mais, le caractère souvent inconséquent des réformes brisa l’ancien système sans pouvoir en créer un nouveau. Il en résulta une profonde crise politique et économique qui provoqua la démission de Mikhaïl Gorbatchev et l’effondrement de l’URSS en 1991.

Musée d'art contemporain de Moscou

12. Vladimir Doubossarski et Alexandre Vinogradov. Triomphe (1996)

Les années 1990 furent particulièrement éprouvantes pour la Fédération de Russie : crises politiques et économiques à répétition, chute du niveau de vie de la population, deux guerres de Tchétchénie, hausse catastrophique de la criminalité. Parallèlement, la société civile continuait de se former, le multipartisme se développait, la liberté d’expression n’était pas réprimée. Les gens avaient la possibilité de monter leurs entreprises et de voyager à l’étranger. On sut éviter une nouvelle guerre civile et la désagrégation du pays.

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