À la rencontre du monstre principal des contes merveilleux russes

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Zmeï Gorynytch compte parmi les personnages les plus marquants et les plus redoutables. Son image est à la fois saisissante et immédiatement reconnaissable. Tout d’abord, il est doté de plusieurs têtes, dont le nombre varie d’un conte à l’autre : le plus souvent trois, six, neuf ou douze, plus rarement cinq ou sept. Ensuite, il possède la faculté de voler, sans que ses ailes soient mentionnées dans ce contexte, ce qui laisse supposer qu’il peut se déplacer dans les airs sans leur aide.

Par ailleurs, Zmeï est étroitement associé à l’élément du feu. « Le Zmeï féroce vole, crache des flammes et menace de mort », disent les contes. Ou encore : « Le Zmeï embrase de son souffle et déchire de ses griffes ». Cependant, les récits restent discrets quant à la manière dont ce feu est projeté. L’idée qu’il crache des flammes par la gueule provient surtout des images populaires (loubok) et des illustrations d’artistes plus tardives.

Les contes livrent peu de détails sur son corps. Est-il couvert d’écailles, lisse ou revêtu d’une peau épaisse ? Nul ne le sait. Les pattes griffues ne sont que rarement mentionnées, et la longue queue terminée par une pointe, détail prisé des images populaires, est, elle aussi, absente des récits. Cette absence de description précise suggère que l’image de Zmeï n’était pas entièrement fixée dans l’imaginaire des conteurs.

Certains contes associent cette créature à l’élément de l’eau : « Soudain, le Zmeï surgit, et l’eau derrière lui se déversa sur trois archines » (une unité de mesure russe d’environ 2,1 mètres). De plus, le folkloriste Vladimir Propp estime que le surnom du serpent, « Gorynytch », renvoie le lecteur à un autre lieu : les montagnes — « gora » en russe.

Que fait le Zmeï dans les contes ? Il est l’incarnation même du chaos, du mal et de la destruction. Il enlève soudainement des femmes, surgissant toujours de manière fulgurante et inattendue. Il menace et terrorise les habitants, exigeant une femme pour le mariage ou pour la dévorer, comme tribut. Cependant, le Zmeï n’est pas seulement un prédateur : il est aussi le gardien des frontières du monde surnaturel. Dans ce rôle, il réside près de la rivière ardente Smorodina et veille sur le pont Kalinov. Traverser ce pont menant au monde de l’au-delà est impossible sans le vaincre.

Comment le vaincre ? Il faut trancher toutes ses têtes d’un seul coup, sinon elles repoussent aussitôt : « Il a tranché les neuf têtes de la créature ; celle-ci les ramassa et, d’un doigt ardent, les fit repousser ». Ce n’est qu’après avoir coupé le doigt ardent que le héros parvient enfin à abattre toutes les têtes. Le Zmeï et le héros s’affrontent généralement à trois reprises et c’est l’ultime confrontation qui est la plus redoutable. Toutefois, le héros finit par prendre le dessus. Néanmoins, la victoire n’est pas complète tant qu’un dernier geste n’est pas accompli : il faut brûler toutes les têtes et jeter le corps dans la rivière ardente. Ce n’est qu’alors que tout le danger est définitivement écarté.

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