Que montre Karl Brioullov sur son tableau Le Siège de Pskov par Etienne Báthory en 1581?

Galerie Tretiakov
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Sur cette toile intitulée Le Siège de Pskov par le Roi de Pologne Etienne Báthory en 1581, Karl Brioullov a représenté l’un des épisodes de la Guerre de Livonie, qui marqua le règne d’Ivan IV le Terrible. Vers la fin de ce conflit, qui dura de 1558 à 1583, la Moscovie était opposée à une coalition formée de la Rzeczpospolita et de la Suède.

Galerie Tretiakov
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Les troupes polono-lituaniennes menèrent plusieurs campagnes victorieuses et prirent plusieurs villes russes. En 1581, elles assiégèrent Pskov. Située près de la frontière nord-ouest de la Moscovie, elle avait une importance stratégique.

L’artillerie polono-lituanienne fit une brèche dans un des remparts de Pskov. Le 8 septembre 1581, les armées d’Etienne Báthory passèrent à l’attaque, prirent deux tours et tentèrent de forcer leur avantage.

À ce moment-là, les défenseurs de Pskov lancèrent leur contre-attaque. Les soldats étaient soutenus par les habitants de la ville. Les prêtres et les moines, icônes dans les mains, ouvrirent la voie.

Les Pskovitains parvinrent non seulement à repousser l’ennemi, mais à investir son campement. Cet assaut victorieux donna du temps aux habitants restés dans la ville pour consolider son rempart endommagé. Etienne Báthory ne put prendre Pskov.

Karl Brioullov choisit de représenter la contre-attaque héroïque des Pskovitains. Pour que sa toile soit la plus réaliste possible, il se rendit à Pskov et examina les remparts, il étudia les costumes, les armures et les armes que les gens portaient à la fin du XVIe siècle.

Le peintre travailla à cette toile quatre longues années – de 1839 à 1843 – et ne l’acheva pas. Il finit par l’abandonner dans un coin de son atelier pour se consacrer à d’autres sujets. Il qualifiait lui-même ce tableau de « Déception de Pskov ».

On raconte que Karl Brioullov n’aurait plus supporté la pression et le contrôle qu’exerçait sur lui le pouvoir. Espérant de lui une toile sur un épisode héroïque de l’histoire russe, il le surveillait presque dans ses moindres mouvements.

Ce tableau est aujourd’hui exposé à la Galerie Tretiakov.

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