L’homme qui a fait découvrir la langue russe au monde

Fenêtre sur la Russie (Photo : I. Nevelev/Sputnik, Igor Zotin/TASS, ADAM GAULT/SCIENCE PHOTO LIBRARY, MyLoupe/Getty Images)
Fenêtre sur la Russie (Photo : I. Nevelev/Sputnik, Igor Zotin/TASS, ADAM GAULT/SCIENCE PHOTO LIBRARY, MyLoupe/Getty Images)
Vitali Kostomarov a formé des milliers d’enseignants de russe langue étrangère. Cette année, l’Institut Pouchkine, fondé à son initiative, fête ses 60 ans.

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Vitali Kostomarov (1930-2020) était loin de correspondre à l’image traditionnelle du grand savant. Sourire malicieux, passion pour les motos et la vitesse, goût pour la rêverie : il préférait aux recherches académiques austères les énigmes de la philologie.

Son enfance s’est déroulée pendant la Seconde Guerre mondiale et, comme il le racontait lui-même, sa professeure de russe et de littérature, qui lui avait enseigné à l’école en ces temps difficiles, a joué un rôle déterminant dans son avenir. « Elle nous lisait des poèmes et, dans la salle de classe froide, il semblait faire un peu plus chaud », se souvenait-il.

Dès ses années d’école, il s’est beaucoup intéressé aux langues : après les cours, il courait prendre des leçons de sanskrit. Il a ensuite été diplômé de deux facultés de l’Université de Moscou, celles de philologie et de langues étrangères, avec une qualification de traducteur.

Le jeune chercheur rêvait alors d’apprendre au monde entier à parler la langue de Pouchkine. En 1960, il proposa une méthode d’enseignement du russe comme langue étrangère.

Il a appris au monde entier à parler russe

En 1966, à son initiative, un centre scientifique et méthodologique consacré à l’étude de la langue russe a ouvert ses portes auprès de l’Université de Moscou. Sept ans plus tard, ce centre est devenu l’Institut Pouchkine. Dès l’année suivante, Kostomarov a fondé avec son mentor, l’académicien Viktor Vinogradov, l’Association internationale des professeurs de langue et de littérature russes, rassemblant des spécialistes du monde entier. Il a ensuite créé le concours international Pouchkine destiné aux enseignants étrangers de russe.

Alexandre Tcheprounov / Sputnik
Alexandre Tcheprounov / Sputnik

« La langue russe n’a pas toujours eu beaucoup de chance, parce qu’elle est très liée à certaines conjonctures politiques. Si quelque chose de désagréable se produit, on cesse d’apprendre le russe. Si, au contraire, quelque chose de très positif survient, tout le monde commence à l’étudier », disait Kostomarov, soulignant que, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la courbe restait ascendante.

Il croyait sincèrement que le monde avait besoin de la langue russe et, au fil de ses missions, s’est rendu dans presque tous les pays de la planète.

Son manuel Le Russe pour tous reste aujourd’hui encore une véritable bible pour les enseignants. L’Institut Pouchkine, quant à lui, est devenu le principal établissement spécialisé dans l’enseignement et l’étude du russe langue étrangère. En plus d’un demi-siècle d’existence, il a formé plus d’un demi-million de personnes venues de 150 pays.

Pour en apprendre davantage sur ce grand scientifique, découvrez le film Une étoile nommée Kostomarov, produit par la chaîne de radiotélévision Rousskiy Mir avec le soutien du Fonds des subventions présidentielles et de la Fondation Rousskiy Mir. Le film est disponible en russe, en anglais, en chinois, en français et en serbe.

Dans cette autre publication, découvrez cinq raisons d’apprendre le russe.