Voici l’homme qui a proposé de vendre l’Alaska russe aux Américains
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Le 3 avril, depuis Nice, il envoya par conséquent une lettre au ministre des Affaires étrangères Alexandre Gortchakov, dans laquelle il proposait un moyen de sortir de cette situation difficile : « tirer parti de l’excédent » d’argent dans le Trésor américain et leur vendre l’Alaska et les îles Aléoutiennes.
« Il ne faut pas se faire d’illusions et il faut prévoir que les États-Unis… désireux de régner sans partage sur l’Amérique du Nord, nous prendront les colonies susmentionnées, et nous ne serons pas en mesure de les récupérer. Or, ces colonies ne nous apportent que très peu d’avantages et leur perte ne serait pas trop douloureuse… », écrivait le grand-duc.
Le pouvoir dans les colonies russes était exercé par la Compagnie russe d’Amérique, une société commerciale semi-publique. Elle disposait de droits exclusifs sur la pêche, le commerce et l’exploitation des ressources minérales de la péninsule. Cependant, les revenus tirés de ses activités n’étaient plus aussi élevés qu’auparavant. Ces territoires vastes et peu peuplés étaient difficiles à contrôler, et l’expansion britannique, et surtout américaine, dans la région représentait bel et bien une menace potentielle pour l’Amérique russe.
Il n’est donc pas surprenant que le tsar ait répondu à la lettre de son frère par ces mots : « Cette idée mérite réflexion ». Cependant, la mise en œuvre de ce projet fut reportée jusqu’en 1861, date à laquelle expiraient les droits exclusifs de la Compagnie russe d’Amérique sur l’Alaska — ceux-ci devaient être renouvelés tous les vingt ans. Par la suite, les délais furent à nouveau repoussés en raison de la guerre de Sécession qui venait d’éclater aux États-Unis. Finalement, en 1867, cette transaction historique eut lieu.
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