Qui était ce révolutionnaire russe devenu président du Sénat des îles Hawaï?
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Nikolaï Soudzilovski (1850-1930) décida de consacrer sa vie à la lutte pour le socialisme dès ses années d’études. Ce futur médecin rejoignit alors des organisations clandestines, participa à des manifestations plus ou moins pacifiques. Après avoir été embauché comme infirmier dans un hôpital pénitentiaire, il tenta d’aider des prisonniers à s’évader. Ce qui lui valut de devoir fuir la Russie en 1875.
À l’étranger, Nikolaï Soudzilovski prit le pseudonyme de Nicholas Russel. En 1875, à Londres, il fit la connaissance de Karl Marx. Il prit part à l’insurrection bulgare d’avril 1876 contre le joug ottoman. Puis, il fut l’un des organisateurs du mouvement socialiste en Roumanie, vécut en Grèce avant de s’installer aux États-Unis. En 1892, le rebelle impétueux qu’il était toujours partit pour les îles Hawaï. Il y acquit une plantation de café qu’il fit prospérer. Il soignait gratuitement les autochtones de l’archipel et leur inculquait les idéaux socialistes. Il reçut le surnom de Kauka Lukini, ce qui signifie « médecin russe ».
En 1898, les îles Hawaï furent annexées par les États-Unis, qui leur laissèrent une certaine autonomie administrative. Nicholas Russel jouissait d’une grande popularité auprès des habitants de l’archipel et, en 1901, fut élu président du Sénat du Territoire d’Hawaï (il fut le premier à occuper ce poste). Dans ses nouvelles fonctions, il se battit pour que les autochtones obtiennent les mêmes droits et libertés politiques que les autres habitants de l’archipel. Il lança un programme ambitieux de construction d’écoles et d’hôpitaux. Sa proposition la plus audacieuse fut celle d’accueillir aux îles Hawaï les habitants russes de l’Alaska, territoire que l’Empire russe avait vendu aux États-Unis en 1867. « L’Amérique russe sera désormais ici ! », affirma Nicholas Russel.
La politique mise en œuvre par Nicholas Russel suscita des craintes en haut lieu. En 1902, les intrigues et les manœuvres de corruption orchestrées à Washington le poussèrent à la démission. Dépité, il partit pour la Chine, où il vécut jusqu’à sa mort en 1930. Il se consacra alors totalement à la science et à ses travaux de médecine, d’ethnographie, de chimie, de biologie et d’agronomie. Il déclina l’offre du pouvoir soviétique de rentrer en Russie.
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