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Comment un enseignant russe devint-il un général du Mandchoukouo?

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Comme celle de millions de Russes, la Guerre Civile qui suivit la Révolution d’Octobre bouleversa la vie d’Ourjine Garmaïev, modeste professeur de langue bouriate dans la région de Transbaïkalie. Il choisit de s’opposer aux bolcheviks et servit comme officier de l’intendance dans l’armée de l’ataman (chef cosaque) Grigori Semionov.

En 1921, après l’écrasement par les bolcheviks de l’armée commandée par Grigori Sémionov, Ourjine Garmaïev fuit en Mandchourie. Il s’y établit comme éleveur de bétail puis devint chef d’un district frontalier avec la Russie soviétique. En 1928, lors du soulèvement des Mongols bargu contre le pouvoir chinois (insurrection de Barga), il forma et prit le commandement d’une unité armée qui joua un grand rôle dans l’écrasement de cette révolte.

En 1932, les Japonais conquirent la Mandchourie et instaurèrent l’État fantoche de Mandchoukouo. Ce fut alors que la carrière d’Ourjine Garmaïev prit son envol. Il le dut non seulement à ses qualités d’organisateur, mais aussi au fait qu’il avait servi dans l’armée de l’ataman Semionov que Tokyo avait soutenu pendant la Guerre Civile russe. Par ailleurs, pendant l’occupation japonaise de la Mandchourie, il avait sauvé la vie de sept ingénieurs nippons en les cachant des Chinois.

Ourjine Garmaïev fut élevé au rang de colonel de l’armée du Mandchoukouo. On lui confia le commandement des armées chargées de maintenir l’ordre dans l’une des provinces frontalières de l’URSS et de la Mongolie. Il cherchait aussi à débusquer les résistants chinois et organisait des opérations de provocation et de diversion à la frontière avec l’URSS et la Mongolie. Il commanda également les troupes qui affrontèrent l’Armée Rouge sur la rivière Khalkha en 1939 lors de la bataille de Khalkhin Gol.

L’année suivante, Ourjine Garmaïev, désormais lieutenant général, prit la tête du 10ème district militaire du Mandchoukouo. Il signa les actes de condamnation à mort de dizaines de prisonniers convaincus de collaboration avec le renseignement soviétique. En 1944, il fut relevé de ce commandement et nommé à la tête d’une école de formation militaire.

Le 31 août 1945, pendant la guerre soviéto-japonaise, Ourjine Garmaïev se rendit à l’Armée Rouge. Condamné pour « invasion armée » du territoire soviétique et « soutien à la bourgeoisie mondiale qui cherche à abattre le système communiste », Ourjine Garmaïev fut exécuté à Moscou le 13 mars 1947.

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