Que montre Grigori Ougrioumov sur son tableau L’Entrée Triomphale d’Alexandre Nevski dans Pskov?

Musée Russe
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Les armes se sont tues, l’ennemi est anéanti et le vainqueur de la bataille du lac Peïpous entre triomphalement à la tête de son armée dans Pskov. Grigori Ougrioumov illustra précisément le moment où le prince Alexandre Nevski approchait de remparts de la ville.

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Le 30 août 1790, le tout Saint-Pétersbourg se rassembla au monastère Saint-Alexandre-Nevski. Ce jour-là, la nouvelle église de la Trinité y était consacrée en présence de Catherine II. L’impératrice n’avait pas regardé à la dépense : l’iconostase était décorée de marbre blanc, le grand chandelier en argent pesait l’équivalent de plus de deux cents kilogrammes. Elle avait offert des toiles de maîtres occidentaux de sa collection personnelle et commandé à des peintres russes des icônes et tableaux sur des sujets religieux. L’un d’entre eux était L’Entrée triomphale d’Alexandre Nevski dans la Ville de Pskov après la Victoire Obtenue sur les Allemands de Grigori Ougrioumov.

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Fils d’un marchand de Iaroslavl, Grigori Ougrioumov (1764-1823) avait terminé l’Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg en 1785. Il avait poursuivi ses études en Italie pendant quatre années. À son retour en Russie, le peintre alors âgé de vingt-six ans commença à enseigner la peinture d’histoire à l’Académie des Beaux-Arts et à travailler à un tableau consacré à l’un des épisodes de la vie du saint Alexandre Nevski. Il acheva cette toile trois ans plus tard.

Plutôt que d’illustrer une scène de bataille, Grigori Ougrioumov choisit de peindre l’entrée du prince vainqueur dans la ville de Pskov libérée. En 1240, les chevaliers de l’ordre de Livonie envahirent la région de Novgorod-le-Grand, prirent Izborsk et assiégèrent Pskov. Souhaitant que leur ville acquière son indépendance de Novgorod, les boyards en ouvrirent les portes aux ennemis allemands qui avaient su faire preuve de ruse. Mais, bientôt, les habitants de Pskov demandèrent au prince de Pereïaslavl Alexandre Iaroslavitch de venir à leur secours. Il prit la tête d’une armée formée de sa droujina, une milice de Vladimir et de Souzdal et des troupes de Novgorod. Pskov fut libérée durant l’hiver 1242. Quelques mois plus tard, le 5 avril, le prince Alexandre Iaroslavitch écrasa les Livoniens au lac Peïpous et chassa les croisés des terres russes.

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L’Entrée triomphale d’Alexandre Nevski dans la ville de Pskov après la victoire obtenue sur les Allemands est une toile de grandes dimensions : 313,5 x 197,5 cm. Outre le prince, on voit au pied des remparts des moines, des habitants et des boyards. Monté sur un cheval blanc, le prince vainqueur précède la masse de ses soldats victorieux. Le rouge du cuir fin de ses bottes, l’or de son habit rehaussé de pierres, la fourrure de la doublure de son manteau font qu’il n’est pas possible de détacher son regard de lui. On raconte que Grigori Ougrioumov lui donna les traits du petit-fils préféré de Catherine II, le futur Alexandre Ier.

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Les deux hommes debout entre les deux chevaux au premier plan sont des prisonniers livoniens. Derrière le prince, on voit une marée humaine formée de paysans membres de la milice, de guerriers de sa droujina qui portent des étendards avec des chérubins.

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Cette toile fit de Grigori Ougrioumov une maître de la peinture d’histoire. Le poète et curateur de l’Université de Moscou Mikhaïl Mouraviov le qualifia de peintre empli d’amour pour sa patrie et estimait qu’il était « digne de rendre éternelle la gloire des héros russes ». Le talent du peintre était très apprécié à la cour impériale : il réalisa les commandes non seulement de Catherine II, mais aussi de son fils Paul Ier et de son petit-fils Alexandre Ier.

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