Les martyrs d’Alapaïevsk, ou la mort tragique des proches de Nicolas II
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Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, Nicolas II, accompagné de son épouse, de ses enfants et des domestiques qui les suivaient, fut fusillé dans la cave d’une maison à Ekaterinbourg. Et dès la nuit suivante, près de cette cité ouralienne, à Alapaïevsk, les bolcheviks ont exécuté les plus proches parents du tsar : six princes et princesses de la maison des Romanov. Ils ont en effet été précipités dans le puits d’une mine. Selon l’une des versions, ce dernier aurait ensuite été bombardé de grenades.
Parmi les victimes, figuraient :
- La grande-duchesse Élisabeth Fiodorovna, sœur cadette de l’impératrice. Elle était connue pour sa charité, ses activités missionnaires et caritatives ; elle avait fondé à Moscou le couvent des Saintes-Marthe-et-Marie et présidait la Société orthodoxe palestinienne. Après la révolution, elle refusa de quitter la Russie et vécut dans son couvent, s’habillant en religieuse. La grande-duchesse fut précipitée dans le puits avec sa servante, la nonne Varvara.
- Le grand-duc Serge Mikhaïlovitch, cousin du père de Nicolas II, militaire, général-inspecteur de toute l’artillerie russe. Il opposa une résistance à ses escorteurs, c’est pourquoi il fut abattu avant d’être jeté dans la mine. Son intendant, Fiodor Remez, fut tué avec lui.
- Les princes de sang impérial Ioann Constantinovitch, Igor Constantinovitch et Constantin Constantinovitch (junior) — ces trois frères furent les premiers de l’histoire à porter ce titre. Celui-ci avait été spécialement créé pour désigner des parents éloignés du tsar (ils étaient les arrière-petits-fils de Nicolas Ier). Tous étaient des militaires, héros de la Première Guerre mondiale.
- Le prince Vladimir Paley, cousin de Nicolas II. Ce hussard de 21 ans, qui avait participé à la Première Guerre mondiale, ne portait pas le nom de Romanov, car il était né d’un mariage morganatique du grand-prince Paul Alexandrovitch. Une légende raconte que les bolcheviks auraient proposé à Vladimir de renier son père, mais Paley resta inflexible (en 1919, son père fut lui aussi assassiné par les bolcheviks).
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Saints martyrs
À l’automne 1918, après la prise d’Ekaterinbourg par l’Armée blanche, les dépouilles des « martyrs d’Alapaïevsk » furent exhumées et transportées en Chine, puis inhumées dans le caveau de l’église Saint-Séraphin-de-Sarov à Pékin (celui-ci fut détruit par la suite, et l’on suppose que les dépouilles se trouvent aujourd’hui au cimetière russe de Pékin).
Le cercueil contenant les dépouilles d’Élisabeth et de la nonne Varvara a toutefois été transporté depuis la Chine jusqu’à Jérusalem, où elles ont été inhumées, conformément à la volonté de la princesse.
En 1981, l’Église orthodoxe russe à l’étranger a canonisé toutes les personnes assassinées près d’Alapaïevsk (à l’exception de Fiodor Remez) en les inscrivant au rang des martyrs.
Cependant, l’Église orthodoxe russe officielle n’a canonisé en 1992 qu’Élisabeth et la nonne Varvara, en tant que saintes martyres.
En 2005, un monastère dédié aux nouveaux martyrs et confesseurs de l’Église russe a été fondé sur le lieu de leur mort tragique à Alapaïevsk.
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