Les trois plus cuisantes défaites de l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale

Keystone-France/Gamma-Keystone/Getty Images Des officiers allemands passant devant un char soviétique détruit en juin 1941
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À cette époque, les troupes soviétiques perdirent des centaines de milliers de soldats, tandis que le Wehrmacht atteignit Moscou, Stalingrad et le Caucase.

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« La poche de Kiev »

Archive Photos/Getty Images Prisonniers de guerre soviétiques capturés sur le territoire de l’Ukraine
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Les combats pour la capitale de l’Ukraine soviétique commencèrent le 11 juillet 1941. Le même jour, les commandants chargés de la défense de la ville reçurent un télégramme de Staline : « Si vous faites ne serait-ce qu’un seul pas en direction du retrait des troupes vers la rive gauche du Dniepr… vous serez tous sévèrement punis comme des lâches et des déserteurs ».

Kiev était défendue par les troupes du Front du Sud-Ouest, sous le commandement du général de corps d’armée Mikhaïl Kirponos. Au cours des premières semaines, elles tinrent obstinément leurs positions et repoussèrent à temps les percées de l’ennemi. À la mi-août, les Allemands franchirent cependant le Dniepr au sud de Kiev, s’implantèrent sur la rive gauche du fleuve et commencèrent à encercler la ville par le sud. Une partie des troupes du groupe d’armées Centre, que Hitler avait retirées du front de Moscou, se mit en outre à avancer vers eux depuis le nord.

Malgré le danger croissant d’un encerclement, Staline hésita longtemps à retirer ses troupes de la ville. Finalement, le 15 septembre, la tenaille se referma autour des forces du Front du Sud-Ouest. Les troupes tentèrent une percée, mais seuls des groupes épars parvinrent à rejoindre leurs lignes. Le 19 septembre, la Wehrmacht s’empara de Kiev.

À l’issue de l’opération défensive stratégique de Kiev, l’Armée rouge perdit plus de 700 000 hommes, tués, blessés, faits prisonniers ou portés disparus. La voie vers l’Ukraine orientale et la Crimée s’ouvrit alors aux Allemands. Cependant, le détachement d’une partie des forces du groupe d’armées Centre vers la direction de Kiev affaiblit la pression sur Moscou, ce qui donna au camp soviétique le temps de préparer la capitale à la défense.

« La poche de Viazma »

Viktor Kinelovski/Sputnik Convoi hippomobile de l’artillerie de la 144e division de fusiliers
Viktor Kinelovski/Sputnik

Le 30 septembre 1941 débuta l’offensive allemande sur Moscou, connue sous le nom d’opération « Taifun ». La Wehrmacht ne chercha pas à percer par le chemin le plus court vers la capitale de l’URSS en traversant les solides lignes défensives de l’Armée rouge, mais frappa aux points de jonction des armées soviétiques et s’enfonça dans leurs arrières.

L’ordre de retraite arriva trop tard, et plusieurs armées soviétiques dans la région de Viazma se retrouvèrent encerclées. En tentant de sortir de cette poche, les divisions perdirent jusqu’à 90% de leurs effectifs.

« On entrait dans les villages, on demandait l’hospitalité pour la nuit et on se cachait, puis on reprenait la route… Souvent, on marchait affamés et épuisés, on arrivait à peine à avancer. Mais on reprenait des forces et on continuait. On mangeait tout ce que l’on trouvait… On ne posait qu’une seule question à tout le monde : "La route de Moscou ! Comment s’y rendre ? », témoigna le militaire Alexandre Potchouïenkov.

Le nombre exact de militaires soviétiques tués, blessés, faits prisonniers ou portés disparus lors de cet épisode est inconnu, mais il est estimé à environ 700 000 à 900 000 personnes. Cette catastrophe laissa Moscou pratiquement sans défense, et la panique s’empara de la ville. Il fallut déployer sur les lignes de défense toutes les maigres forces disponibles, y compris les élèves des écoles militaires de la région.

« La poche de Barvenkovo »

Anatoli Garanine/Sputnik Des soldats de l’Armée rouge, appuyés par un char
Anatoli Garanine/Sputnik

Après la défaite de la Wehrmacht près de Moscou, l’Armée rouge menait l’offensive sur tous les fronts. Au nord-est de l’Ukraine, elle s’était profondément enfoncée dans les défenses ennemies et s’était retranchée sur ce que l’on appelait le « saillant de Barvenkovo ». Le 12 mai 1942, les troupes lancèrent ici une offensive en direction de Kharkov et avancèrent de 50km en quelques jours. 

Cependant, dès le 17 mai, les Allemands lancèrent une attaque contre le point le plus vulnérable des défenses soviétiques, à savoir la zone du col du saillant. Aucune fortification n’y avait été érigée, ce qui permit à l’ennemi d’avancer facilement et rapidement. De leur côté, à Moscou, les Soviétiques sous-estimèrent la contre-attaque allemande et il fut ordonné de poursuivre l’avance vers Kharkov.

Finalement, le 22 mai, le groupe d’armées Kleist, qui avançait depuis le sud, au sud de la ville de Balakleïa, rejoignit les divisions blindées de la 6e armée de Friedrich Paulus qui perçaient depuis le nord. Le piège tendu aux troupes soviétiques se referma ainsi. Plus de 200 000 soldats soviétiques se retrouvèrent pris dans cette « poche », et seuls 22 000 d’entre eux parvinrent à s’en échapper.

Les pertes soviétiques près de Kharkov furent moins importantes qu’à Kiev ou à Viazma, mais les conséquences pour l’URSS s’avérèrent tout aussi graves. La Wehrmacht reprit en effet l’initiative stratégique et lança une offensive de grande envergure, perçant jusqu’au Caucase et à la Volga.

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