Comment un peintre russe eut-il l’audace de priver Apollon de l’une de ses neuf muses?

Sergueï Piatakov / Sputnik
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Sur le plafond de la salle de concert du théâtre Bolchoï, seules huit des neuf filles de Zeus et Mnémosyne sont représentées.

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En réalité, les muses dont les figures ornent le plafond du théâtre Bolchoï sont bien au nombre de neuf. Mais la neuvième n’est pas une muse de l’Antiquité grecque. Elle est la création d’Alexeï Titov, membre de l’Académie Impériale des beaux-arts, qui dirigeait les travaux de décoration du plafond du théâtre en 1856.

L’académicien prit des libertés avec la mythologie grecque, selon laquelle neuf muses forment le cortège qui suit le dieu des arts Apollon. Il sacrifia Polymnie, la muse des chants religieux et de la rhétorique, au profit d’une inconnue jusqu’alors qui tient une palette et des pinceaux. On suppose qu’il voulut ainsi célébrer la protectrice de son art : la peinture.

Svetlana Chevtchenko / Sputnik
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Les muses peintes par Alexeï Titov auraient pu disparaître. En 1940, on envisagea de repeindre le plafond du théâtre Bolchoï dans le style du réalisme socialiste. Du fait du déclenchement de la Grande Guerre patriotique, l’Apothéose des Arts des Peuples de l’URSS ne remplaça pas l’œuvre d’Alexeï Titov qui, depuis, fut restaurée à plusieurs reprises.

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