Que ne doivent pas faire les Russes entre Noël et la Théophanie pour éviter le malheur?
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Dans la tradition folklorique russe, les Sviatki (Jours saints) ne sont pas seulement l’une des fêtes annuelles les plus anciennes et les plus belles, mais aussi une période dangereuse. Ce n’est pas un hasard si la deuxième semaine des Sviatki était appelée « les soirées effrayantes ». C’est une période d’intemporalité : l’ancienne année est morte, la nouvelle n’est pas encore née, et l’ordre du monde est donc perturbé. Il fallait par conséquent faire preuve d’une grande prudence pour ne pas perturber le fragile équilibre entre le chaos et l’harmonie.
C’est pourquoi, d’une part, il était d’usage à cette époque de flirter avec le monde des morts : se déguiser en animaux et en démons et parcourir les rues en chantant ; de s’adonner à la divination ; d’organiser des combats à mains nues, faisant couler le sang sur la neige. D’autre part, il fallait respecter un certain nombre d’interdits afin de ne pas attirer sur soi et sa famille la maladie, la pauvreté ou d’autres malheurs.
Voici donc ce qu’il était interdit de faire pendant les Sviatki :
- S’adonner aux travaux d’aiguille féminins : coudre, tricoter, filer. Les paysans russes disaient que celui qui travaillait pendant les Sviatki « verrait ses vaches et ses chèvres ne plus mettre bas ». De plus, les travaux d’aiguille risquaient d’entraîner des problèmes de vue pouvant aller jusqu’à la cécité. C’est pourquoi les rouets étaient parfois même cachés.
- Chasser, pêcher, abattre du bétail. Les chasseurs et les pêcheurs risquaient de mettre en colère les esprits de la forêt ou des cours d’eau et d’être punis pour cela. Abattre du bétail est un travail difficile qui, à cette période, était aussi considéré comme fâcheux.
- Effectuer les tâches ménagères « sales » : nettoyer, faire la lessive, sortir les déchets, en particulier la veille de la Théophanie (18 janvier). Cela pouvait « souiller » l’eau ou « balayer » le bonheur et la prospérité de la maison.
- Compter son argent, en particulier la petite monnaie, prêter ou emprunter, conclure des transactions importantes. Cela pouvait entraîner des larmes, la pauvreté et de longues difficultés financières.
- Se disputer, se quereller, dire des gros mots, se mettre en colère. Toutes les paroles et les pensées prononcées avec colère pouvaient revenir comme un boomerang, entraîner des maladies et des pertes.
- Refuser d’aider, de faire l’aumône à ceux qui la demandent, d’offrir de la nourriture aux personnages déguisés qui allaient de maison en maison. La générosité assurait en effet le bien-être pour l’année, tandis que la cupidité attirait le malheur et les mauvaises récoltes.
- Se marier et se fiancer. C’est le genre de cas où la tradition chrétienne a rejoint la païenne. L’interdiction chrétienne du sacrement du mariage existait en effet durant cette période, tandis que la croyance populaire disait : « Pendant les Sviatki, seuls les loups se marient ».
Dans cet autre article, découvrez en plus sur la fête russe de Sviatki, la période la plus impie de l’année.