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À quoi ressemblait la médecine populaire dans la Russie d’autrefois?

Le Mari malade, par Vassili Maximov
Galerie Tretiakov
Sous quelle forme les paysans concevaient-ils la fièvre, comment soignaient-ils les maladies mentales et que fallait-il faire pour chasser une épidémie du village?

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Les encyclopédies médicales dans la Russie d’antan

La Guérisseuse, par Firs Jouravliov (années 1870)
Musée régional des beaux-arts de Kalouga

Les historiens tirent leurs connaissances sur les pratiques médicales populaires d’anciens manuels de médecine, d’herbiers, de légendes et d’hagiographies. Ceux-ci décrivent diverses méthodes de traitement : les guérisseurs soignaient les ulcères et les maladies de la peau, extrayaient des flèches et pratiquaient des opérations simples. Pour prévenir les maladies, les paysans portaient sur eux des amulettes magiques protectrices en forme de couteaux, de cuillères ou de figurines d’animaux.

Les superstitions liées à la santé ont perduré au fil des siècles : les chercheurs ethnographes ont noté que même au XIXe siècle, malgré les progrès de la science médicale, les maladies étaient encore considérées dans les villages comme une punition pour les péchés.

Pourquoi les paysans tombaient-ils malades ?

À la fin du XIXe siècle, le médecin Gavriil Popov a étudié les méthodes de traitement traditionnelles. Il a publié un ouvrage de synthèse intitulé La médecine quotidienne et populaire russe, dans lequel il décrivait les méthodes de traitement pratiquées dans différentes régions du pays.

Il écrivait que, souvent, les paysans n’établissaient aucun lien entre l’origine des maladies et leurs causes réelles : dans le peuple, l’on n’attachait aucune importance à la propreté du logement et de l’air, ni à la qualité de la nourriture et de l’eau, et l’on considérait la maladie elle-même comme un être vivant.

Par ailleurs, les paysans eux-mêmes n’accordaient aucune importance aux causes réelles de leurs maux, leur trouvant une multitude d’explications surnaturelles.

Comment représentait-on la fièvre ?

Guérison de l'épouse de Tchanibek, Taïdoula, par le métropolite Alexis, peint par Iakov Kapkov vers 1830-1840
Galerie Tretiakov

Dans le peuple, l’on représentait la fièvre sous la forme de douze femmes, chacune dotée d’une particularité : l’une était responsable de l’insomnie, une autre de la perte d’appétit, une troisième corrompait le sang et tirait sur les veines. Selon les croyances populaires, les épidémies de maladies infectieuses graves étaient envoyées par Dieu en punition des péchés. C’est pourquoi l’on pensait que ni les médecins ni les remèdes ne pouvaient les soigner.

Dans certaines régions, l’on associait les maladies à des images d’animaux : la variole ressemblait à une grenouille, la fièvre à un papillon, la rougeole à un hérisson. L’on expliquait souvent les douleurs abdominales par la présence d’un serpent ou d’une grenouille dans le ventre. L’on pouvait devenir un ivrogne invétéré en buvant de la vodka dans laquelle les diables avaient ajouté un petit ver.

Les blessures domestiques étaient en outre attribuées aux manigances du diable : il pouvait se transformer en cheval et écraser un pied, donner un coup, casser un bras ou blesser quelqu’un avec une hache pendant le travail. L’on attribuait également au diable les cas d’hystérie, de folie et d’épilepsie.

La prévention magique

Dernière volonté, par Nikolaï Bogdanov-Belski, 1893
Musée des beaux-arts de Taganrog

Dans le milieu paysan, l’on considérait les médecins et les pharmacies avec scepticisme. Chaque famille disposait de son propre ensemble de remèdes « maison » : l’on allongeait le malade sur le ventre, sur un poêle chaud, et l’on lui frictionnait le corps avec divers produits – du goudron, du lard ou du radis. Et si les méthodes habituelles ne donnaient pas de résultats, l’on se rendait alors chez les guérisseurs.

Le bain de vapeur était jugé comme l’un des principaux remèdes curatifs et préventifs efficaces dans la population : l’on y faisait prendre un bain de vapeur aux adultes et aux enfants en cas de moindre malaise ou de suspicion de « mauvais œil ».

Les méthodes de guérison magiques étaient également répandues. L’on délimitait les tumeurs et les maladies de la peau avec du charbon ou la pointe d’un couteau, en traçant un cercle magique afin de protéger les parties saines du corps contre la propagation de la maladie.

L’on confiait le traitement des maladies de l’âme aux ecclésiastiques. Dans les églises et les monastères, l’on récitait des prières spéciales au-dessus des possédés et l’on les amenait devant des icônes miraculeuses.

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