Que devinrent les Romanov après la Révolution d’octobre 1917?
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Première victime
Le 2/15 mars 1917, Nicolas II abdiqua en son nom et en celui de son fils Alexeï en faveur de son frère cadet Mikhaïl. Le lendemain, celui-ci refusa le trône impérial. Après la Révolution d’Octobre, les bolcheviks placèrent Mikhaïl Alexandrovitch en résidence surveillée à Gatchina puis, en mars 1918, l’envoyèrent en relégation à Perm. Trois mois plus tard, ils prirent la décision de l’exécuter. Dans la nuit du 12 au 13 juin 1918, son secrétaire Nikolaï Johnson et lui furent enlevés à l’hôtel où ils habitaient et conduits dans une forêt aux alentours de la ville. Ils y furent mis à mort par balle. À ce jour, l’emplacement de leurs restes n’a pas été déterminé avec précision.
Exécution de la famille impériale
Après avoir abdiqué, Nicolas II vécut avec sa famille proche sous surveillance au palais Alexandre, à Tsarskoïé Selo. À la fin du mois de juillet (ancien style) 1917, Alexandre Kerenski, ministre-président du gouvernement provisoire, prit la décision de les faire partir pour Tobolsk. Ils y restèrent jusqu’à la fin du mois d’avril 1918, lorsque le pouvoir soviétique les fit transférer à Ekaterinbourg. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, Nicolas II, sa femme Alexandra Fiodorovna, leurs cinq enfants furent tués par balle dans la cave de la maison Ipatiev où ils vivaient depuis leur arrivée dans l’Oural. Le médecin, le valet, la femme de chambre et le cuisinier, qui avaient voulu les accompagner lorsqu’ils quittèrent Tsarskoïé Selo, connurent le même sort. Leurs cadavres furent enterrés à l’abri des regards dans une forêt des environs de la ville.
Ce ne fut qu’en 1998, après une longue enquête, que leurs restes furent identifiés puis déposés en l’église de la forteresse Pierre-et-Paul.
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Les martyrs d’Alapaïevsk
Le lendemain du massacre perpétré à Ekaterinbourg, les bolcheviks s’emparèrent des autres membres de la famille impériale qui avaient été envoyés à Perm en mars 1918. Dans la nuit du 17 au 18 juillet, six princes et princesses furent précipités vivants dans un puits de mine près d’Alapaïevsk avant d’être achevés avec des grenades et ensevelis sous des gravats. Parmi les victimes se trouvait Élisabeth Fiodorovna, la sœur aînée d’Alexandra Fiodorovna. Le secrétaire de l’un des princes et une moniale du monastère Saintes-Marthe-et-Marie fondé à Moscou par Élisabeth Fiodorovna, furent tués de la même façon.
L’explication officielle de la disparition de ces huit personnes resta longtemps celle d’un enlèvement.
Exécutions dans la forteresse Pierre-et-Paul
Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1919, quatre Romanov – des petits-fils de Nicolas Ier et proches de Nicolas II – furent passés par les armes dans l’enceinte de la forteresse Pierre-et-Paul. Les autorités bolchéviques de Petrograd expliquèrent que leur décision était une réponse à l’assassinat de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht à Berlin le 15 janvier 1919.
Évacuation par la mer Noire
Une cinquantaine de membres de la famille Romanov survécurent aux Révolutions de février et d’octobre 1917. La plupart d’entre eux quittèrent la Russie. Quand éclata la guerre civile, à la fin de l’année 1917, de nombreux princes de la maison Romanov prirent la direction du sud à la tête d’armées de monarchistes « blancs ». Ce fut par la Crimée que la première vague de l’émigration blanche se fit vers la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Le roi d’Angleterre George V, cousin germain de Nicolas II, y envoya le HMS Marlborough pour évacuer les membres de la famille Romanov. En avril 1919, l’impératrice douairière Maria Fiodorovna, sa fille Xénia et une dizaine de princes avec femmes et enfants y prirent place. Xénia, une des nièces de Nicolas II, et son mari Félix Ioussopov embarquèrent également sur ce cuirassé britannique.
Olga, la plus jeune sœur de Nicolas II, refusa de quitter la Russie avec sa mère. Elle vécut avec sa famille dans le Caucase jusqu’en 1920 avant d’émigrer au Danemark.
Les Romanov qui vivaient en dehors de Russie
En 1917, nombre de femmes de la famille Romanov, qui avaient épousé des princes et des rois étrangers, ne vivaient plus en Russie. Ainsi, Olga Konstantinovna, petite-fille de Nicolas Ier, était mariée au roi des Hellènes Georges Ier. Elle était également une des deux grand-mères du prince Philippe, le mari de la reine Elizabeth II d’Angleterre.
Lorsque se produisit la Révolution de février 1917, le grand-duc Dmitri Pavlovitch, l’un des organisateurs de l’assassinat de Grigori Raspoutine, se trouvait en mission militaire en Perse sur ordre de son cousin Nicolas II. Il ne rentra pas en Russie et s’établit en Europe Occidentale. Il entretint un temps une liaison avec Coco Chanel à qui il présenta le parfumeur de la maison impériale, celui qui créa le Chanel N°5.
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Prétendants au trône
En 1924, émigré en Europe occidentale, l’aîné des cousins encore en vie de Nicolas II, le grand-duc Kirill Vladimirovitch, se proclama empereur de toute la Russie en exil et prit le nom de Kirill Ier. La plupart des membres de sa famille ne le reconnurent pas dans cette qualité et une autre branche de la famille Romanov fit valoir ses droits.
Romanov soviétiques
Seuls les membres de la famille Romanov qui portaient d’autres noms de famille purent rester en Russie devenue soviétique. Il s’agissait des épouses morganatiques et de leurs enfants, ainsi que des enfants naturels. Parmi eux, on trouvait deux descendants en ligne patrilinéaire : Natalia et Kirill Iskander, deux petits-enfants du grand-duc Nikolaï Konstantinovitch, l’un des cousins d’Alexandre III. Ils vécurent toute leur vie en URSS et prirent part à la Grande Guerre patriotique.
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