
«Affaire du coton» ou quand l'or blanc a ébranlé l'économie soviétique
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Le coton était à la fois une ressource stratégique en Union soviétique, notamment pour le complexe militaro-industriel, et un matériau indispensable pour la production de textile.

D’après les données officielles, l'URSS était le premier producteur mondial d'or blanc dans les années 1980.

La culture du coton se faisait principalement dans les républiques d’Asie centrale : Ouzbékistan, Kirghizstan, Turkménistan, Tadjikistan et Kazakhstan. Bien que ces républiques fassent partie de l’Union soviétique, le mode de vie y était bien différent des autres régions de l’URSS.

Si dans les grandes villes la morale socialiste était globalement respectée, les villages vivaient littéralement selon une organisation de type féodale.

Le coton est ainsi devenu une véritable malédiction pour un certain nombre de régions, notamment en Ouzbékistan.

Ces nouveaux quotas ont lourdement affecté les habitants de la république, qui se sont tous retrouvés mêlés à divers degrés à la guerre du coton. L’année scolaire ne commençait qu’après le nouvel an afin que les enfants puissent récolter le coton dans les champs.

En dépit de cette impressionnante main d’œuvre, impossible pour l’Ouzbékistan de respecter les quotas imposés.

Un important système de falsifications s’est petit à petit mis en place à différents échelons. En lieu et place du coton, les collecteurs bourraient les sacs de pierres et un certain nombre de convois partaient littéralement à vide, stratagème rendu possible par la corruptibilité de certains responsables qui prenaient des pots-de-vin.

Ce système de falsifications a gangréné l’ensemble du secteur de la production de coton dans la république.

Le système s’est effondré après la mort de Brejnev et l’arrivée au pouvoir d’Andropov, lequel a longtemps cherché à solutionner le cas ouzbèke. / Fidel Castro en Ouzbékistan

Selon la légende, Andropov aurait appelé Charaf Rachidov en 1983 et lui aurait demandé combien la république allait produire de coton abstraction faite des falsifications. D’après la version officielle, Rachidov serait par la suite décédé d’une crise cardiaque, mais certains avancent la thèse d'un empoisonnement voire d'un suicide par balle.

Suite à cette affaire, un groupe d’experts a été dépêché en Ouzbékistan afin d’enquêter sur cette fraude à grande échelle. Les personnes qui ont participé aux falsifications ont été condamnées à de lourdes peines de prison ou à la peine capitale.

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