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À quoi ressemblait la nourriture bonne et saine en URSS? 

Moscou, Léningrad. Pichtchepromizdat, 1939
Le Livre de la nourriture bonne et saine était le best-seller culinaire absolu de l’époque soviétique.

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Chaque famille soviétique possédait un précieux carnet contenant des recettes patiemment collectées et écrites à la main. Dans le même temps, chaque ménagère les perfectionnait et les adaptait à son propre goût, optimisant ainsi le processus de préparation et y apportant simultanément sa touche personnelle. Pourtant, il existait un livre auquel toutes les femmes soviétiques - et les hommes qui s’adonnaient à la cuisine - accordaient une foi aussi absolue qu’aux comptes rendus du dernier congrès du PCUS. Nous parlons du Livre de la nourriture bonne et saine, rédigé par une équipe d’auteurs du Pays des Soviets.

Publié pour la première fois en 1939, l’ouvrage a connu de nombreuses réimpressions. Son tirage de 500 000 exemplaires en 1952 a surpassé le succès de l’auteur culinaire prérévolutionnaire Elena Molokhovets. Le tirage total des éditions d’après-guerre a atteint le chiffre impressionnant de huit millions d’exemplaires.

Le secret de sa popularité réside dans sa correspondance avec les réalités de la vie (même si celle-ci n’était pas toujours aussi variée sur le plan culinaire). C’était un recueil de recettes éprouvées, utilisant des ingrédients faciles à trouver, rédigées dans un langage clair et simple. C’est dans ses pages que plusieurs générations ont appris à préparer soupes, boulettes panées, salades et boissons emblématiques de la cuisine familiale, adaptées aux réalités soviétiques. Tout comme Molokhovets l’avait fait jadis dans la Russie tsariste, Le Livre de la nourriture bonne et saine offrait aux femmes soviétiques, contraintes de concilier travail et tâches ménagères, des solutions purement pratiques qui pouvaient être mises en œuvre immédiatement.

Le lecteur d’aujourd’hui pourrait être surpris par le culte voué aux aliments transformés : conserves et concentrés conçus pour simplifier le quotidien. Cependant, la présence de menus saisonniers et de chapitres consacrés aux principes de la nutrition thérapeutique continue d’inspirer le respect du public.

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