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Cinq livres soviétiques sur la Seconde Guerre mondiale inspirés d’histoires réelles

Les personnages principaux de chacun de ces romans et nouvelles sont inspirés de héros de la Grande Guerre patriotique (1941-1945).

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1. Le Fils du Régiment de Valentin Kataïev, 1944

Сadre tiré du film Le Fils du Régiment
Vassili Pronine/Soyouzdetfilm, 1946

En temps de guerre, les orphelins recueillis par des unités militaires sont appelés « fils du régiment ».

Correspondant sur les fronts de la Grande Guerre patriotique, Valentin Kataïev a un jour rencontré un fils du régiment. C’était un garçon de douze ans qui portait un uniforme spécialement confectionné pour lui.

Le prototype de Vania Solntsev (nom formé sur cолнце / soleil), le personnage principal de la nouvelle de Valentin Kataïev, était un jeune garçon du nom d’Isaak Rakov. Il fut recueilli par les hommes d’un régiment d’artillerie et participa à des opérations de reconnaissance derrière les lignes ennemies. Il fut décoré de la médaille Pour le Courage.

D’autres enfants inspirèrent à Valentin Kataïev son personnage de Vania Solntsev qui fait preuve d’autant de vaillance que les soldats adultes qui l’ont adopté. 

2. La Jeune Garde d’Alexandre Fadeïev, 1945, 1951

Сadre tiré du film La Jeune Garde
Sputnik

Ce roman raconte comment de jeunes gens créent dans une zone occupée par l’armée allemande une organisation clandestine qu’ils appellent La Jeune garde. Alexandre Fadeïev donna à ses personnages les noms de jeunes partisans, dont celui d’Oleg Kochev qui était à la tête d’un groupe de résistants.

Pour écrire ce roman, Alexandre Fadeïev reprit l’un des articles qu’il avait publiés dans le quotidien Pravda au sujet de jeunes gens, qui venaient à peine de terminer leurs études scolaires, torturés puis mis à mort par les Allemands. Il y décrivait l’abnégation de ces jeunes qui plaçaient la patrie et le devoir au-dessus de tout.

La première version de ce roman publiée en 1946 n’aurait pas plu à Joseph Staline. Il aurait reproché à son auteur de minimiser le rôle du Parti communiste et de donner l’impression que ce groupe de jeunes avait agi par lui-même. Ce fut pourtant cette version qui fut portée à l’écran par Sergueï Guerassimov en 1948. En 1951, Alexandre Fadéïev publia la seconde version de son texte, qui devint un classique de la littérature pour la jeunesse.

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3. Histoire d’un homme véritable de Boris Polevoï, 1946 

Сadre tiré du film Histoire d’un homme véritable
Sputnik

Dans le personnage principal, il n’est pas difficile de reconnaître le pilote de légende Alexeï Maressiev. En 1942, lors d’un combat aérien, son avion fut touché par un chasseur allemand. Alexeï Maressiev survécut au crash de son appareil et mais fut grièvement blessé aux jambes. Dix-huit jours durant, il rampa pour sortir de la forêt où il s’était écrasé. Il fut retrouvé inconscient aux abords d’un petit village. Hospitalisé, il fut amputé des deux jambes. À force de volonté, il apprit à marcher avec des prothèses et retrouva sa place dans l’aviation militaire.

Durant la guerre, le correspondant de la Pravda Boris Polevoï avait interviewé Alexeï Maressiev alors qu’il se trouvait sur le front. Sa nouvelle obtint le prix Staline, fut tirée à des millions d’exemplaires, portée à l’écran et incluse dans le programme scolaire de littérature. 

4. Le Destin d’un Homme de Mikhaïl Cholokhov, 1956

Сadre tiré du film Le Destin d’un Homme
V.Ouvarov / Sputnik

Mikhaïl Cholokhov entendit parler de celui qui inspira le personnage principal de sa nouvelle en 1946. Dans l’armée, Andreï était chauffeur de camions. Alors qu’il transportait des obus vers la ligne de front, les Allemands touchèrent son véhicule. Andreï survécut miraculeusement à l’explosion mais fut fait prisonnier. Après avoir passé deux ans dans un camp de concentration, il parvint à s’échapper. Lorsqu’il rentra chez lui, il apprit que sa femme et ses deux filles étaient mortes dès le début de la guerre. Il attendit le retour de son fils aîné, mais celui-ci fut tué par un snipper à Berlin le 9 mai 1945, le jour de la Victoire.

Mikhaïl Cholokhov raconte l’histoire d’un homme qui a enduré toutes les horreurs de la guerre mais qui reste debout. Après avoir perdu toute sa famille, il adopte un orphelin qu’il a croisé par hasard.

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5. Ici les aubes sont calmes... de Boris Vassiliev, 1969

Сadre tiré du film Ici les aubes sont calmes..
Sputnik

Durant la guerre, l’écrivain Boris Vassiliev avait été parachutiste. Blessé en 1943, il n’avait plus été renvoyé sur le front ensuite. Dans les années 1950, alors que le courant littéraire de la « prose des lieutenants » prenait de l’ampleur, il coucha sur le papier ses souvenirs de guerre.

L’œuvre la plus connue de Boris Vassiliev reste Ici, les aubes sont calmesdans laquelle il décrit la guerre en forêt. Son histoire est inspirée de celle d’un sergent qui, après la mort de tous ses camarades, parvint à repousser seul des Allemands pour les empêcher d’atteindre une voie ferrée.

Pour ajouter une tension dramatique à son récit, Boris Vassiliev décida de placer de jeunes soldates sous les ordres du sergent.

En 1972, la nouvelle Ici, les aubes sont calmesfut adaptée à l’écran par Stanislav Rostotski, qui avait lui aussi été grièvement blessé durant la Grande Guerre patriotique.

Regardez aussi comment la guerre se déroula sur le front de l’Est dans les documentaires de notre série Chemin de la Victoire.