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L’histoire de la Russie médiévale illustrée par des peintres russes

Legion Media
À des siècles de distance, des artistes russes peignirent des épisodes de l’histoire de la Russie. Découvrez comment ils virent le Moyen-Âge, de la fondation de l’État au renversement du joug mongol.

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Musée d'État de la littérature

1. Viktor Vasnetsov. Appel aux Varègues (1909)

Selon certains, la naissance de l’État russe est liée à l’épisode connu comme celui de l’appel aux Varègues. Des tribus slaves et finno-ougriennes du nord-ouest de la plaine russe auraient fait venir un étranger pour mettre fin à leurs discordes et les gouverner. Un Viking noble du nom de Riourik aurait accepté cette invitation. Il reste dans l’histoire comme le premier prince de Novgorod et le fondateur de la dynastie des Riourikides.

Domaine public

2. Viktor Vasnetsov. Les Adieux d’Oleg le Sage à son Cheval (1899) 

À la mort de son père Riourik, le prince Igor était encore mineur. Oleg le Sage exerça sa régence sur les terres de Novgorod. En 882, il prit Kiev et unit les deux centres politiques des Slaves de l’Est.

Selon la légende, des magiciens auraient prédit à Oleg qu’il trouverait la mort à cause de son cheval préféré. Le prince ordonna alors qu’on l’emmène finir paisiblement sa vie dans un pré. Les années passèrent et Oleg voulut voir les restes de son fidèle compagnon. Il posa le pied le pied sur le crâne de son cheval en se demandant : « Est-ce vraiment lui que je dois craindre ? ». C’est alors qu’un serpent venimeux s’extirpa du crâne et piqua Oleg le Sage.

Musée historique d'État de Moscou

3. Ivan Akimov. Le Baptême de la Princesse Olga (1792)

Après la mort du prince de Kiev Igor Riourikovitch en 945, sa veuve Olga exerça la régence de leur fils mineur Sviatoslav. Elle fut la première de la famille princière à choisir le baptême, qu’elle reçut des Byzantins. Sa famille, ses proches et ses sujets ne suivirent pas son exemple et restèrent païens. 

Galerie Tretiakov

4. Henryk Siemiradzki. Les Soldats de Sviatoslav Commémorant les Leurs Tombés durant la Bataille de Dorostol en 971 (Sacrifices Nocturnes) (1884)

Le grand-prince de Kiev Sviatoslav était un chef militaire remarquable. Il avait fait tomber le puissant khaganat des Khazars et effectué plusieurs campagnes victorieuses dans le royaume des Bulgares. En 971, enfermé dans la forteresse bulgare de Dorostol, il eut à soutenir le siège des armées byzantines. Ses troupes ayant subi de lourdes pertes, il fut contraint de conclure la paix avec Jean Ier Tzimiskès et de se retirer des Balkans.

Domaine public

5. Johann Eggink. Le Grand-Prince Vladimir Choisissant sa Foi (1822)

En 988, le grand-prince de Kiev Vladimir, le fils de Sviatoslav, se convertit et convertit son peuple au christianisme. Selon la légende, il choisit le christianisme des Églises d’Orient après avoir écarté celui de l’Église de Rome pour des raisons politiques, l’islam à cause de l’interdiction de l’alcool et le judaïsme parce que les juifs n’avaient pas de terre.

Legion Media

6. Pavel Ryjenko. La Rivière Kalka (1996)

En 1222, les armées de Subötaï et de Djébé, les meilleurs chefs de guerre de Gengis Khan, atteignirent les steppes situées au nord de la mer Noire. Les Mongols attaquèrent les Coumans qui cherchèrent de l’aide auprès des princes russes. À cette époque, les terres russes étaient divisées du fait du système de succession et de dissensions entre les princes.

À la fin du mois de mai 1223, non loin de la rivière Kalka (dans l’actuelle République de Donetsk), se tint une grande bataille. Les Coumans alliés aux Russes subirent une terrible défaite. Douze princes russes perdirent la vie. Seul un homme sur dix rentra chez lui. « Dans toutes les villes et tous les villages, on entendit pleurs et plaintes », rapportèrent les chroniques.

Nikolaï Koulandine / Global Look Press

7. Nikolaï Koulandine. Le Prince Vassilko (1975)

Les Mongols pénétrèrent sur les terres russes en 1237 et mirent un terme à leur mouvement de conquête en 1241. Les principautés russes étaient exsangues et les princes furent contraints de se soumettre politiquement et économiquement à la puissance des Mongols.

Le prince de Rostov Vassilko Konstantinovitch périt durant la conquête mongole. Il fut fait prisonnier, refusa de prêter allégeance au khan, fut torturé et mis à mort. L’Église orthodoxe russe le canonisa comme martyr. Le peintre Nikolaï Koulandine le représenta quelques instants avant son exécution.

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Domaine public

8. Pimène Orlov. Les Derniers Mots du Grand-Prince Mikhaïl de Tver (1847)

Les princes russes devaient non seulement payer un tribut aux Mongols, mais aussi obtenir de leur part le droit de régner sur leur principauté. Les Mongols leur délivraient des documents appelés ярлыки / yarlyki / chartes. La charte la plus importante était celle de la grande-principauté de Vladimir parce que, formellement, elle plaçait son détenteur au-dessus des autres princes.

Au début du XIVe siècle, Mikhaïl Iaroslavitch de Tver et Iouri Danilovitch de Moscou s’affrontèrent pour obtenir les bonnes grâces du khan et, par-là même, la charte de grand-prince. Ils intriguèrent et s’opposèrent militairement. En 1318, Iouri sortit vainqueur de cette lutte. Mikhaïl fut convoqué à la Horde d’Or où il fut mis à mort. Cet épisode marqua le début de l’ascension de la principauté de Moscou.

Musée-réserve Champ de Koulikovo

9. Alexandre Boubnov. Matin au Champ des Bécasses (1943-1947)

À la fin du XIVe siècle, la grande-principauté de Moscou se sentit suffisamment forte pour défier les Mongols. En 1380, les armées du grand-prince Dmitri Ivanovitch et de princes alliés écrasèrent celle du chef de guerre Mamaï, qui avait usurpé le pouvoir à la Horde d’Or.

Si elle ne permit pas aux principautés russes de se libérer du joug mongol, cette victoire marqua indubitablement le début de ce processus. Les Russes ne regardaient plus les Mongols avec stupeur et tremblement, s’arrangeaient régulièrement pour ne plus payer le tribut sans que la Horde d’Or de plus en plus affaiblie ne puisse inverser cette tendance. Au XVe siècle, elle se désagrégea complètement et la grande-principauté de Moscou en plein essor fit face à ce qu’il en restait.

Musée d'art régional Nikanor-Onatsky

10. Nikolaï Choustov. Ivan III Brise le Joug Tatar en Détruisant une Image du Khan et en Ordonnant de Mettre ses Ambassadeurs à Mort (1862) 

Moscou continua de payer le tribut à la Grande Horde (issue de la décomposition de la Horde d’Or) jusqu’en 1472 ou 1476, jusqu’à ce que le grand-prince Ivan III ne détruise une image du khan et n’ordonne de tuer ses ambassadeurs. Le point culminant de cette crise fut l’épisode connu comme la Grande halte sur la rivière Ougra en 1480. Après plusieurs tentatives vaines pour traverser la rivière, Akhmat se replia. Cela en était terminé du joug mongol sur les terres russes.

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