Que montre Pavel Iakovlev sur son tableau L’Artiste en Route vers un Nouveau Logement?
Outre sur Telegram, Fenêtre sur la Russie diffuse désormais du contenu sur sa page VK! Vidéos, publications dédiées à l’apprentissage du russe et plus encore dans notre communauté
Le personnage représenté sur cette toile est confortablement allongé sur son lit, lui-même posé avec quelques effets sur la plate-forme d’un chariot. Il fume un cigare d’une main et a posé l’autre sous sa tête. Il regarde rêveusement le ciel. De toute évidence, il est en plein déménagement.
Histoire vécue
Pavel Iakovlev (1853-1921) peignit peu de tableaux d’où émane la joie ou la gaîté. C’est pourquoi celui-ci est remarquable. Il naquit dans le gouvernement de Voronej. Lorsqu’il eut atteint l’âge de douze ans, son père, un petit commerçant, décida de l’envoyer travailler chez un marchand de thé à Moscou. Il changea d’avis à la dernière minute et le plaça dans un atelier d’iconographie. Sans le savoir, il choisit la profession que son fils exercerait toute sa vie. Plus tard, Pavel Iakovlev entra à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou où il eut notamment comme professeur le célèbre Vassili Perov. Pour subvenir à ses besoins, il donnait des cours de dessin. Les sujets de ses tableaux sont habituellement tragiques : un champ dévasté par la grêle, une jeune fille tuée pendant une mascarade, un vieillard assis au milieu de ce qu’il reste de son isba ravagée par le feu. C’est pour cette raison que le déménagement de l’artiste peint en 1899 tranche avec ses autres œuvres.
Il est possible qu’il ait puisé dans ses souvenirs le sujet de cette toile. Lorsqu’il n’avait plus d’argent pour payer ses études, il se mettait en congé de l’École de peinture et retournait à Voronej. Lorsque sa situation pécuniaire s’améliorait, il remontait à Moscou. Une fois, il apporta avec lui son tableau Après la Grêle qu’il montra au collectionneur Pavel Tretiakov.
Autoportrait
Pavel Iakovlev prêta probablement ses traits à son personnage, en les enjolivant légèrement. Ceux qui le connurent se souvenaient de lui comme d’un homme ténébreux à la voix grave. Il portait souvent un dolman court en velours et avait l’habitude de se nouer un foulard rouge autour du cou.
Le peintre aux cheveux bouclés que Pavel Iakovlev peignit n’a pas beaucoup d’effets à emporter avec lui : un lit, sur lequel il s’est allongé, des toiles, un chevalet et un buste d’Apollon, le guide des muses.
Il semble être d’excellente humeur. On le dirait heureux de passer sur le pont Moskvoretski et d’admirer les murs du Kremlin. Sa situation financière s’est peut-être améliorée, s’il peut se permettre un atelier avec vue sur la Moskova et la citadelle.
Dans cette autre publication, découvrez les six œuvres les plus gigantesques de la peinture russe.