Comment les Russes ont-ils appris à souder du métal directement sous l’eau?

Fenêtre sur la Russie (Photo: Anton Denissov/Sputnik , Créé par OpenAI)
Fenêtre sur la Russie (Photo: Anton Denissov/Sputnik , Créé par OpenAI)
L’on pourrait croire que l’électricité et l’eau sont incompatibles? Pourtant, un scientifique russe a prouvé qu’un arc électrique pouvait parfaitement brûler sous l’eau. Son invention a ouvert la voie au soudage sous-marin.

Outre sur Telegram, Fenêtre sur la Russie diffuse désormais du contenu sur sa page VK! Vidéos, publications dédiées à l’apprentissage du russe et plus encore dans notre communauté

Imaginez un plongeur entrant dans la mer, un poste à souder à la main. Il s’immerge et commence à souder. Est-ce possible ? Il s’avère que oui. Le fondateur du soudage hyperbare est l’ingénieur métallurgiste soviétique Konstantin Khrenov.

Comment un scientifique russe a inventé le soudage sous-marin

Archives de la chaire de chimie physique de l'Université électrotechnique de Saint-Pétersbourg
Archives de la chaire de chimie physique de l'Université électrotechnique de Saint-Pétersbourg

Au XXe siècle, avec le développement de la marine et des infrastructures maritimes, de nombreux pays se sont penchés sur la question de la réparation des structures sous l’eau. Des scientifiques avaient déjà tenté auparavant de faire brûler un arc électrique dans un liquide, mais l’on était encore loin d’une application pratique.

C’est en 1932 que Konstantin Khrenov a proposé une méthode révolutionnaire de soudage hyperbare. Au cours de son expérience, il a soudé des pièces métalliques dans un réservoir d’eau à l’aide d’électrodes enduites d’un lubrifiant hydrofuge.

Il a ainsi démontré que l’arc électrique brûlait à l’intérieur d’une bulle de gaz qui se formait autour de l’électrode.

En 1936, sa technologie a été appliquée avec succès dans les eaux de la mer Noire : à Sébastopol, pour renflouer un vieux navire coulé, des élèves de l’école technique de plongée ont soudé des fixations aux flancs de l’épave. Cette technique de soudage a ensuite été testée dans d’autres régions.

En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, un laboratoire consacré aux problèmes du soudage sous-marin a été mis en place à Moscou. C’est là qu’ont été mis au point des revêtements d’électrodes permettant à l’arc de brûler de manière stable sous l’eau et de réparer les navires sur place.

À partir des années 1950, cette technologie s’est étendue au secteur civil. Aujourd’hui, le soudage sous-marin est utilisé non seulement sur les navires, mais aussi sur les canalisations, les piliers de ponts, les plates-formes de forage et d’autres ouvrages. Les scientifiques travaillent actuellement sur des systèmes de soudage robotisés.

Lire aussi : Les 50 plus brillantes inventions venues de Russie

Soudage « à sec » et « humide »

Anton Denissov/Sputnik
Anton Denissov/Sputnik

Il existe aujourd’hui deux types de soudage hyperbare : dans une chambre étanche et directement dans l’eau. Dans le premier cas, une chambre spéciale est immergée dans l’eau et recouvre la structure endommagée. À l’intérieur de la chambre, l’eau est pompée et de l’oxygène est injecté, ce qui permet aux soudeurs de travailler dans un environnement sec. Le soudage en chambre est généralement utilisé lorsque l’étanchéité et la qualité des soudures sont essentielles, ainsi qu’à des profondeurs pouvant atteindre 300 mètres.

Le soudage « humide », quant à lui, s’effectue directement dans l’eau, à une profondeur pouvant atteindre 30 mètres. Le soudeur-plongeur utilise pour ses travaux une électrode étanche. Afin d’éviter tout risque d’électrocution, il se positionne de manière à ne pas se trouver sur le trajet du courant. De plus, il travaille sous une faible tension de 30 à 35 volts. Cela suffit pour allumer l’électrode sans risquer de recevoir une décharge électrique.

Dans cet autre article, découvrez cinq hauts lieux du tourisme industriel en Russie.