Comment le vison d’Amérique s’est-il retrouvé en Russie?
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Le vison est une bête prisée pour sa fourrure qui, comme l’hermine et la zibeline, était traditionnellement chassée en Russie. Aujourd’hui, on ne trouve plus, en liberté dans la nature, de visons d’Europe, autrefois endémiques. Ils ont été remplacés par les représentants d’une autre sous-espèce envahissante : celle des visons d’Amérique.
Pour comprendre comment cela s’est produit, il faut remonter à l’année 1923. Le gouvernement soviétique décida alors de développer l’élevage de visons, des carnassiers dont la fourrure soyeuse se vendait à un prix élevé. On importa alors d’une ferme allemande plusieurs spécimens de visons d’Amérique, qui sont presque deux fois plus gros que les visons d’Europe. Ils font jusqu’à un mètre de long et deux kilogrammes. Par un travail de sélection, les éleveurs soviétiques parvinrent à obtenir des bêtes dont la fourrure présentait de nombreuses variations de couleurs. Le succès fut immédiat.
Mais, ces petites bêtes sont aussi (sinon plus) intelligentes que belles : elles apprirent à se libérer de leurs cages et commencèrent à coloniser la nature environnant les fermes d’élevage. Les zoologues soviétiques décidèrent alors de tenter une expérience : enrichir la faune du pays.
En 1928, 3 000 visons d’Amérique furent lâchés dans 19 régions où vivaient des visons d’Europe. L’expérience fut poursuivie en Sibérie et en Extrême-Orient, qui n’étaient pas des aires d’habitat des visons. En quelques dizaines d’années, ce furent environ 20 000 visons d’Amérique qui acquirent ainsi leur liberté. Sans compter, ceux qui parvinrent à fuir des élevages. En Carélie, par exemple, entre les années 1950 et 1980, près de 10 000 bêtes s’évadèrent de leurs cages.
Le vison d’Amérique est plus résistant que son cousin d’Europe. Non seulement il s’adapta facilement à son nouveau milieu, mais il y supplanta l’espèce endémique. Aujourd’hui, c’est lui que l’on rencontre dans les forêts de la partie européenne de la Russie, en Sibérie et dans le Primorié.
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