Il a été le premier pilote russe à maîtriser la sortie de vrille!
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La vrille représente encore aujourd’hui un danger sérieux pour les avions. Or, au début du XXe siècle, alors que l’aviation n’en était qu’à ses débuts, le risque était bien plus grand. De nombreux aviateurs cherchaient à comprendre comment maîtriser ce phénomène, mais rares étaient ceux qui osaient prendre les airs pour provoquer volontairement une vrille à des fins expérimentales. L’Australien Harry Hawker a été le premier au monde à tenter l’expérience, à l’été 1914. Il a été suivi par le pilote russe Konstantin Artseoulov.
Il était le petit-fils du célèbre peintre de marine Ivan Aïvazovski. Son père, lui aussi Konstantin, était constructeur naval. Tout semblait donc destiner le jeune homme à une vie tournée vers la mer. Cependant, sa santé pulmonaire fragile a contrarié ces projets. Il s’est alors tourné vers le ciel et a suivi une formation d’aviateur. Au début de la Première Guerre mondiale, il a brièvement servi dans la cavalerie avant de rejoindre l’aviation militaire.
En 1916, Artseoulov s’est intéressé au problème de la vrille, qui avait déjà coûté la vie à nombre de ses camarades. Il a non seulement développé une méthode pour sortir un avion de cette situation, mais a décidé de la tester lui-même. Le 24 septembre, aux commandes d’un chasseur Nieuport 21, il a atteint 2 000 mètres d’altitude avant de provoquer volontairement une vrille.
« Certes, cette première expérience de la vrille n’a rien eu d’agréable. Dès que j’ai eu la certitude que l’avion était bien parti en vrille, j’ai immédiatement appliqué les techniques que j’avais imaginées pour le redresser : j’ai poussé le manche vers l’avant et fortement actionné les pédales de commande dans le sens opposé à la rotation. J’ai senti la pression de l’air s’exercer sur les gouvernes et la rotation de l’appareil s’est arrêtée », racontait Artseoulov. Ce jour-là, il a répété la manœuvre à deux reprises.
La méthode mise au point par Artseoulov a par la suite été intégrée au programme de formation des pilotes russes. Nombre d’entre eux l’ont ensuite utilisée avec succès au combat : ils simulaient la perte de contrôle de leur appareil, puis reprenaient de l’altitude pour attaquer par surprise un adversaire qui les croyait déjà vaincus.
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