Tioumen, la toute première ville russe de Sibérie
Outre sur Telegram, Fenêtre sur la Russie diffuse désormais du contenu sur sa page VK! Vidéos, publications dédiées à l’apprentissage du russe et plus encore dans notre communauté
L’arrivée des Russes en Sibérie débuta en 1581 avec l’expédition des hommes de l’ataman Ermak (chef militaire cosaque). Leur campagne fut financée par les riches marchands Stroganov, dont les domaines de l’Oural étaient régulièrement pillés par les Tatars du khanat de Sibérie. Après le succès de l’expédition, Ivan le Terrible rejoignit à son tour l’affaire, et les troupes tsaristes ne tardèrent pas à s’élancer au-delà des monts Oural.
Au début de sa campagne, Ermak prit, pilla et incendia Tchingui-Tourou, une ville située sur la rivière Toura. Ancienne capitale du khanat de Tioumen, elle avait depuis longtemps perdu de son importance. C’est à cet emplacement que fut fondée la première ville russe de Sibérie, baptisée Tioumen, d’après le nom local. Selon l’étymologie la plus couramment admise, ce toponyme dérive du mongol toumen, qui signifie « dix mille ».
Lire aussi : Savez-vous d’où viendrait le mot «Sibérie»?
La construction de Tioumen commença à l’été 1586 par l’édification d’un ostrog (forteresse en bois). Les voïvodes du tsar (une sorte de gouverneurs militaires provinciaux) Vassili Soukine et Ivan Miasnoï ordonnèrent de le construire sur un promontoire dominant les ruines de Tchingui-Tourou. Aux côtés des streltsy (troupes d’élite russes), les travaux réunirent d’anciens cosaques d’Ermak, qui avait déjà péri, ainsi que des Tatars locaux.
Carte de Tioumen et de ses environs de la fin du XVIIe siècle
Grâce à sa position stratégique sur l’un des principaux itinéraires caravaniers de la Sibérie méridionale, Tioumen connut un essor rapide. En quelques années, sa forteresse fut considérablement agrandie et reconstruite. Des relations commerciales s’établirent également avec le khanat de Boukhara et la Horde Nogaï, dont les marchands obtinrent le droit de commercer dans la ville en franchise de droits de douane. Pendant longtemps, Tioumen constitua pour l’État russe une porte d’entrée vers la Sibérie, un centre de diffusion de l’orthodoxie et l’un de ses principaux points d’appui dans la région.
Pierre commémorative à l’emplacement de la fondation de la ville
Dans cette autre publication, découvrez les dix villes les plus peuplées de Sibérie.