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«Les Cent d’Ivan»: comment est née la première grande confrérie marchande de Russie

Grok
Elle regroupait les ciriers les plus riches et les plus influents de Veliki Novgorod, c’est-à-dire les marchands qui faisaient le commerce de la cire. Au Moyen Âge, celle-ci revêtait une immense valeur: l’on s’en servait pour fabriquer des bougies, pour cirer les parquets des maisons cossues et pour préparer des remèdes. En Europe occidentale, la cire russe était également appréciée pour sa qualité et son prix relativement bas.

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Dans les années 1130, alors que la cité de Veliki Novgorod était le centre de la jeune et prospère République de Novgorod (1136-1478), dans le Nord de l’actuelle Russie, la confrérie marchande des Cent d’Ivan se constitua autour de l’église Saint-Jean-le-Baptiste, d’où son nom (en russe, Jean le Baptiste se nomme Ioann, dont le prénom Ivan est la forme russe traditionnelle). L’église servait de centre spirituel à la corporation, tandis que ses caves étaient utilisées pour entreposer les marchandises et faisaient office de salle de réunion. C’est là que l’on élisait les starostas (anciens), qui dirigeaient les affaires et présidaient les tribunaux marchands.

La cotisation d’adhésion à la confrérie s’élevait à 50 grivnas (ancienne unité de masse, surtout pour le métal d’argent), soit environ 10kg d’argent. Le marchand devait en outre verser environ 20 grivnas supplémentaires pour l’entretien de l’église Saint-Jean. Une fois admis au sein de l’organisation, il devenait un « marchand assujetti », c’est-à-dire ayant acquitté la redevance, et recevait une ceinture en or, mais le plus gratifiant était qu’il pouvait transmettre son titre et son appartenance à la confrérie par héritage.

Ceux qui enfreignaient les statuts de l’organisation et « offensaient la maison du grand saint Jean » étaient menacés « des ténèbres, de la tentation et du châtiment divin ». L’on ne connaît toutefois aucun cas retentissant d’exclusion des coupables.

La confrérie avait le monopole du commerce de la cire avec la Scandinavie et la Hanse — puissante alliance de villes marchandes d’Europe occidentale. Les marchands de Polotsk, de Smolensk et d’autres villes russes s’acquittaient d’un droit sur la cire. Au fil du temps, elle élargit son champ d’activité et se lança dans le commerce de l’étain, du plomb et du fer.

Les Cent d’Ivan jouissaient à Veliki Novgorod d’un grand respect et d’une grande influence. Cette confrérie participait à l’administration de la ville, et les ecclésiastiques les plus éminents considéraient comme un honneur de célébrer la messe dans son église. Chaque année, le 24 juillet, les ciriers célébraient leur fête par un festin grandiose qui durait trois jours.

La confrérie a prospéré pendant plusieurs siècles avant de disparaître après la prise de la République de Novgorod par Moscou en 1478.

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