Saviez-vous que Robert Schumann avait consacré un poème à la cloche Tsar Kolokol?

Fenêtre sur la Russie (Photo: DeAgostini/Getty Images; Domaine public)
Fenêtre sur la Russie (Photo: DeAgostini/Getty Images; Domaine public)
Ce que le compositeur Robert Schumann et sa femme, la pianiste Clara Wieck, virent en Russie au cours de ce qu’ils avaient appelé le «voyage de Laponie» les étonna et bouleversa.

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Les Schumann arrivèrent à Saint-Pétersbourg à la fin de l’hiver 1844, alors que la saison des concerts battait son plein. En tournée, Clara Schumann donna plusieurs représentations au cours desquelles elle interpréta des œuvres de son mari. Il dirigea lui-même sa symphonie N°1 jouée pour la première fois en Russie.

adoc-photos/Corbis via / Getty Images
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Clara Schumann se produisit devant l’impératrice Alexandra Fiodorovna dans le palais d’Hiver. Son mari fut ébloui par la résidence des empereurs de Russie : « On se croirait dans un conte des Mille et Une Nuits », écrivit-il à son beau-père. Saint-Pétersbourg lui parut être l’une des plus belles villes du monde.

DeAgostini / Getty Images
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Clara Schumann fut frappée par les intérieurs du bâtiment de l’assemblée de la noblesse (qui est, depuis 1921, la grande salle de la Philharmonie) et par les habits à la dernière mode que portaient les aristocrates (même à Paris, on n’était pas à ce point en vogue). Après un mois passé dans la capitale, les Schumann partirent pour Tver’, où vivait l’un des oncles du compositeur, et rejoignirent ensuite Moscou. Robert Schumann fut impressionné par le Kremlin. Il se promena « entre les magnifiques églises et clochers, les bâtiments anciens et modernes en pierre et en bois ». Le couple assista à un office. Les chants religieux déplurent à Clara Schumann qui n’y entendit « que quintes et octaves ». Le compositeur profita de tous les panoramas sur la ville qui s’ouvraient du Kremlin, lu et relu tout ce qu’il avait pu trouver sur l’histoire de Moscou (notamment sur 1812) et de la cloche Tsar kolokol.

Photo12/Universal Images Group / Getty Images
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« J’y ai сaché de la musique ! Je n’ai rien pu composer faute de temps et de calme », écrivit Robert Schumann à son beau-père au sujet des deux poèmes qu’il rédigea à Moscou, dont La Cloche d’Ivan le Grand qui fait une vingtaine de pages. Il y raconte non seulement l’histoire de la plus grosse cloche jamais fondue en Russie, mais aussi celle de l’incendie de 1812 et le destin de Napoléon. A la fin, le maître fondeur et Napoléon meurent, payant ainsi le prix de leur orgueil.

Après quatre mois passés en Russie, les Schumann rentrèrent en Allemagne. Ce voyage en Russie laissa au compositeur les meilleurs souvenirs de sa vie.

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