Qui enjoignait à ses soldats de ne pas couvrir la terre russe d’opprobre?
Outre sur Telegram, Fenêtre sur la Russie diffuse désormais du contenu sur sa page VK! Vidéos, publications dédiées à l’apprentissage du russe et plus encore dans notre communauté
En 970, Sviatoslav, petit-fils de Riourik et fils d’Igor, déclara la guerre à l’Empire byzantin. Bien que l’armée de Constantinople ait été beaucoup plus grande et puissante, le prince ne trembla pas et combattit.
Les chroniqueurs de l’époque rapportent que l’empereur byzantin Nicéphore II Phocas fit miroiter à Sviatoslav un butin considérable pour l’inciter à marcher sur les Bulgares, qui permettaient aux Magyars de traverser leurs terres pour faire des incursions et piller les terres de l’empire. Le prince de Kiev se laissa convaincre et marcha sur le Danube en 967.
Ses armées écrasèrent les Bulgares, prirent pas moins de 80 places fortes, dont les citadelles de Dorostol et Préslavets. Ayant appris que les Pétchénègues menaçaient Kiev, Sviatoslav y repartit pour la défendre. Après les avoir vaincus, il laissa son fils aîné Iaropolk à Kiev et reprit la direction de l’Ouest : « Il me déplaît de rester à Kiev. Je veux vivre à Péréiaslavets sur le Danube, au cœur de mes terres ».
Ce nouveau voisinage ne plut guère à Jean Tzimiskès, monté sur le trône de Constantinople après avoir fait assassiner Nicéphore II. Il voulait que Sviatoslav retourne sur ses terres, au nord de la mer Noire, et abandonne les territoires qu’il avait conquis sur le Danube. Le prince de Kiev exigea de l’empereur un tribut pour toutes les villes prises et le rachat des prisonniers que ses armées avaient faits. Pour toute réponse, il ne reçut que des menaces. Sviatoslav rassembla alors une armée pour marcher sur Constantinople.
La Chronique des Temps Passés raconte comment les Byzantins rusés cherchèrent à connaître le nombre des soldats de Sviatoslav. En face de ses 10 000 hommes, ils en alignèrent 100 000. Conscient de l’inégalité des forces, le prince de Kiev s’adressa à son armée : « Nous n’avons plus le choix. Que nous le voulions ou non, nous devrons combattre. Ainsi, nous ne couvrirons pas la terre russe d’opprobre. Nous donnerons nos vies ici. Les morts échappent à l’ignominie. Si nous battons en retraite, nous mériterons la honte. Nous ne fuirons pas, nous opposerons résistance. Je me tiendrai parmi vous. Je tomberai peut-être, mais vous devrez rester debout ». Ses soldats lui répondirent : « Si tu laisses ta vie [au cours de cette bataille], nous laisserons la nôtre aussi ».
Ils combattirent tous vaillamment les uns aux côtés des autres. Les forces en présence conclurent un traité de paix et Sviatoslav rentra à Kiev.
Dans cette autre publication, découvrez pourquoi la Russie a été dirigée par tant de non-Russes.