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Quatre faits sur le carillon flamand de la сathédrale Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg

Anton Malkov / Getty Images
Le premier instrument de ce type est apparu en Russie au XVIIIe siècle grâce à Pierre le Grand. Depuis, il est devenu un véritable symbole de l’amitié russo-belge.

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1. Apparu en Russie grâce à Pierre le Grand

Entre 1697 et 1698, Pierre le Grand, futur fondateur de l’Empire russe, réalisa un vaste voyage en Europe occidentale, resté dans l’Histoire comme la « Grande Ambassade ». Au cours de ce périple, le tsar rencontra non seulement des monarques étrangers, mais découvrit également les réalisations des pays étrangers dans divers domaines du savoir et de la culture. Il se rendit notamment aux Pays-Bas, où il étudia la construction navale auprès de maîtres locaux afin de créer la flotte russe. Après avoir visité Amsterdam, Zaandam et bien d’autres villes, il fit un détour par Malines, renommée pour ses carillons, ces instruments dont les cloches fixes sont actionnées par un clavier manuel. Enchanté par leur sonorité, de retour dans son pays natal, le souverain russe commanda un premier carillon pour la forteresse Pierre-et-Paul, située au cœur de Saint-Pétersbourg.

2. Le troisième instrument de ce genre à Saint-Pétersbourg

Le premier carillon commandé par Pierre Ier subsista jusqu’en 1756, année où il fut détruit par la foudre lors d’un orage nocturne. Le deuxième carillon de la cathédrale Pierre-et-Paul fut installé en 1776 et servit jusqu’en 1840, avant d’être usé par le temps et démonté. L’instrument actuel, le troisième de ce genre, a été offert à la ville en 2001 par l’ancien directeur de l’École royale de carillon de Malines, Jo Haazen, à l’occasion du tricentenaire de la Venise du Nord. Il se compose de 51 cloches et peut sonner avec une gamme de quatre octaves. Le carillon peut interpréter n’importe quelle composition musicale. Fait intéressant : le clocher de la forteresse Pierre-et-Paul conserve encore 18 cloches du tout premier carillon du XVIIIe siècle.

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3. À l’origine d’une expression russe désignant un beau son de cloches

Les cloches existent en Russie depuis des temps anciens, servant à la fois de moyen de signalisation et d’instrument de musique. Cependant, après l’adoption du christianisme et le début de la construction massive d’églises orthodoxes, chacune dotée de son propre clocher, elles sont également devenues un symbole important de la foi. Il n’est donc pas surprenant que le son des cloches soit souvent appelé « la voix de la Russie ». Ainsi, au moment où Pierre le Grand rapporta le premier carillon des Pays-Bas, les habitants de la Russie étaient déjà familiarisés avec les sons de cloches, et il était difficile de les surprendre sur ce point. Pourtant, la musique produite par cet instrument était d’une telle beauté que, selon une des versions, elle donna naissance à une expression spécifique pour qualifier un son de cloche agréable et mélodieux. Il s’agit du « malinovy zvon » (en russe : « малиновый звон », littéralement « beau carillon »). Cela s’explique par le fait que la prononciation du nom de la ville de Malines est proche de l’adjectif russe « малиновый » (« malinovy » c'est à dire relatif à la « framboise »). 

4. Un des symboles de l’amitié russo-belge

Aujourd’hui, le carillon de la cathédrale de la forteresse Pierre-et-Paul peut assurément être considéré comme l’un des symboles de l’amitié russo-belge, car sa seule présence dans la capitale du Nord témoigne, de manière touchante, de la permanence des relations et du dialogue culturel unissant les deux pays. En 2003, le Musée d’État d’histoire de Saint-Pétersbourg a d’ailleurs émis une série thématique de timbres-poste consacrée à cet instrument de musique. On y voit la cathédrale Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg et la cathédrale Saint-Rombaut de Malines, ainsi que le carillon du clocher de la cathédrale Pierre-et-Paul. Des timbres-poste reprenant la même image ont également été émis en Belgique.

Pour en savoir plus sur l’histoire de cet instrument, assistez à la conférence qui lui est consacrée à la Maison russe de Bruxelles le 6 février.

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