Quand la «folie du champignon» s’emparait de Moscou

Domaine public
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Du XIXe siècle et jusqu’à l’instauration du pouvoir soviétique, un marché aux champignons s’ouvrait à Moscou, juste devant les vieux remparts du Kremlin. Il débutait le premier jour du Grand Carême et la foule qu’il attirait pouvait laisser croire que la ville tout entière affluait sur le quai de la Moskova.

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L’on y vendait d’autres produits de jeûne – toute sorte de légumes frais ou saumurés -, mais ce sont les champignons qui y occupaient la place centrale. Leur popularité s’expliquait par leur valeur nutritive et leur prix plus qu’abordable.

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« L’on y trouvait tout ce qui était nécessaire au "salut de l’âme" : lactarius resimus saumurés, cèpes, pholiotes marinées dans d’énormes cuves ; des tonneaux ouverts avec du chou fermenté, des concombres saumurés, des pommes marinées et des pois écossés […] Pendaient en longs fils et guirlandes sur les parois des tentes et sur les limonières placées au-dessus des traîneaux les champignons séchés les plus divers », décrivait le marché l’écrivain Nikolaï Telechov.

L’on en apportait de partout, mais avant tout des gouvernements dits de champignons – ceux de Riazan, d’Olonets et de Kostroma, où des villages entiers étaient employés à leur récolte : ayant cueilli les champignons, les habitants locaux les séchaient, les cuisaient, les saumuraient ou les marinaient sur place. Et vers le début du jeûne, d’innombrables cuves avec des marchandises croquantes et des « colliers » de champignons séchés étaient envoyés aux marchés.

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À Moscou, le marché se tenait une semaine seulement, mais l’on y faisait des provisions censées suffire jusqu’à la fin du Grand Carême.

Galerie Tretiakov Konstantine Iouon, Bolchoï Moskvoretski, 1911
Galerie Tretiakov

Dans ses mémoires, l’artiste peintre Constantin Korovine décrivait des « traîneaux avec des chevaux du village transportant de gros tonneaux. Des moujiks en manteaux de peau de mouton criaient : "Champignons, champignons ! Du chou, des concombres saumurés !" Vassili et moi, nous parvenions à peine à nous frayer un chemin à travers la foule ».

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