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Que montre Viktor Borissov-Moussatov sur son tableau «Le Bassin»?

Galerie Tretiakov
«Que c’est beau... Dieu, que c’est beau...». En voyant ce tableau du peintre Viktor Borissov-Moussatov, ses amis et collègues restèrent bouche bée.

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Cet été-là, Viktor Borissov-Moussatov (1870-1905) était au comble du bonheur : sa muse, la peintre Elena Alexandrova, venait d’accepter de l’épouser. Ils s’étaient rencontrés lors de leurs études à l’École de Peinture, de Sculpture et d’Architecture de Moscou. Il lui avait alors déjà demandé sa main, mais elle avait refusé de la lui accorder. Profondément peiné, le jeune peintre était parti pour Paris où il avait continué son apprentissage auprès de Fernand Cormon. 

Viktor Borissov-Moussatov
Domaine public

Quelques années plus tard, Viktor Borissov-Moussatov rentra à Saratov, où il était né. En quête d’inspiration, il suivit le conseil de plusieurs connaissances et se rendit sur le domaine de Zoubrilovka, situé sur une des rives de la rivière Khopior. Le peintre y trouva ce qu’il y cherchait : il fut conquis par la beauté du site et l’aspect romantique de la résidence à l’abandon. Il travailla intensément, ce qui lui donna la force de faire une nouvelle demande en mariage à Elena Alexandrova.

Souvenirs nostalgiques

Viktor Borissov-Moussatov décida alors de peindre un tableau pour sa bien-aimée : sa sœur Elena et Elena Alexandrova étaient les deux seules au courant de son projet. Il travailla à son tableau, pour lequel les deux femmes posèrent, durant tout l’été 1902. Il chercha longtemps la bonne palette de couleurs, fit de très nombreuses études des nuages flottant dans le ciel. 

Comme beaucoup d’autres tableaux de Viktor Borissov-Moussatov, Le Bassin ne raconte rien. Le peintre y a représenté sa fiancée vêtue d’une robe bleue. Elle est assise sur la rive et regarde au loin. Sa sœur en robe rose est debout tout au bord de l’eau et a fermé les yeux. Elles sont toutes deux perdues dans leurs pensées et ne semblent pas porter attention à la surface réfléchissante de l’eau. Le regard du spectateur est plongeant sur la scène : cette perspective originale crée l’impression de contempler un monde irréel où des nuances de blanc, de bleu clair et de lilas se mêlent et se reflètent dans l’eau. 

«Dieu, que c’est beau!»

Galerie Tretiakov

La sœur et la fiancée de Viktor Borissov-Moussatov quittèrent le domaine de Zoubrilovka à l’arrivée de l’automne. Lui-même rentra à Saratov un peu plus tard dans la saison. Il termina sa toile en février 1903.

Le Bassin fut exposé lors du Xe Salon de la Société des Peintres de Moscou. Les amis de Viktor Borissov-Moussatov furent frappés par ce tableau : le critique d’art Vladimir Stanioukovitch se souvenait que les amis du peintre restèrent longtemps figés en silence devant la toile totalement fascinés par elle. L’un d’eux finit par dire : « Que c’est beau ... Dieu, que c’est beau ... ».

En 1917, Le Bassin rejoignit les collections de la Galerie Tretiakov où il se trouve jusqu’à aujourd’hui.

L’exposition Viktor Borissov-Moussatov. Harmonie de l’Image, qui se tient à la Galerie Trétiakov jusqu’au 8 novembre 2026, est l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’œuvre du peintre.

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