Dix gaffes de la série Star City sur Apple TV+
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Star City est un thriller de science-fiction américain et un spin-off de la série For All Mankind. Son intrigue présente une histoire alternative dans laquelle l’Union soviétique a remporté la « course à la Lune » et a été la première à envoyer un homme sur notre satellite naturel.
La série transporte le spectateur derrière le « rideau de fer » des années 1960-1970, dans une cité scientifique spatiale fermée, où vivent et travaillent, sous la surveillance constante du KGB, des cosmonautes, des ingénieurs et des officiers du renseignement. Au cœur de l’intrigue, se trouvent les destins de ces personnages : de la jeune dactylo Irina Morozova (Agnes O’Casey), qui devient la protégée de la chef de la section locale du KGB (Anna Maxwell Martin), au concepteur en chef (Rhys Ifans), personnage inspiré du légendaire Sergueï Korolev.
Comme Star City s’inscrit dans le genre de l’uchronie, il ne faut pas s’attendre à une précision documentaire. La série revendique toutefois la véracité dans sa représentation du programme spatial soviétique et de la vie quotidienne. Malheureusement, les créateurs de la série ont toutefois sacrifié la fidélité historique au profit de la dramaturgie et du suspense.
Construction d’un vaisseau spatial à partir de moyens de fortune
En URSS, plusieurs dizaines d’instituts de recherche et de bureaux d’études travaillaient dans le secteur spatial. Chacun était responsable de son domaine spécifique : certains s’occupaient du système de commande, d’autres des systèmes de propulsion, d’autres encore de l’aérodynamique, d’autres fabriquaient des combinaisons spatiales, etc. Il était donc techniquement et logistiquement impossible de « monter » un nouveau vaisseau spatial à partir de moyens de fortune à des fins secrètes (un vol vers Vénus), en allant au passage chercher un bathyscaphe auprès des sous-mariniers, comme le fait le concepteur en chef dans la série.
Lancement secret d’une fusée sur une autre trajectoire
Une fusée n’est pas une voiture particulière que l’on peut voler, et le cosmodrome de Baïkonour n’est pas un petit parking. Chaque lancement d’un vaisseau spatial en URSS était un événement d’importance nationale, nécessitant une coordination à plusieurs niveaux et un soutien technique de grande envergure. La décision était approuvée par la Commission d’État, composée de hauts responsables militaires, de dirigeants du Parti et de représentants des ministères. Même le concepteur en chef n’aurait pas pu mener cela en secret.
Le KGB dirige l’industrie spatiale
Dans la série, le concepteur en chef entretient des relations tendues avec le colonel du KGB Lioudmila Raskova. Dans la réalité, cela aurait été impossible, car tous les cosmodromes, les sites d’essais et le centre de formation des cosmonautes relevaient du ministère de la Défense de l’URSS et faisaient partie de la structure des Forces de missiles stratégiques. Le KGB veillait au respect du secret et effectuait des contrôles, mais la gestion opérationnelle et le contrôle étaient assurés par les militaires, et non par les services de sécurité d’État. Sans compter qu’un concepteur du rang de Korolev ne pouvait pas interagir avec un colonel. Son rang correspondait à celui de général ou de maréchal.
Dépressurisation d’un vaisseau spatial avec son équipage depuis le sol
Dans les années 1970, pour des raisons de sécurité, les systèmes de survie et d’étanchéité des vaisseaux spatiaux étaient conçus de telle sorte que l’équipe du centre de contrôle exigeait une confirmation ou l’actionnement physique des interrupteurs à l’intérieur du vaisseau. Il était impossible de le faire depuis le sol sur ordre d’un colonel du KGB, comme le montre la série.
L’élimination d’un cosmonaute sans procès ni condamnation
Bien que la peine capitale ait existé en URSS dans les années 1960-1970, il était impossible de fusiller ou d’éliminer par tout autre moyen un spécialiste ou un cosmonaute de grande valeur sans procès ni condamnation. D’autant plus qu’une telle décision ne pouvait être prise unilatéralement. Si un fonctionnaire des services de l’État s’était risqué à cela, c’est lui-même qui aurait été traduit en justice. C’est pourquoi l’exécution de la cosmonaute Akhmatova et l’ordre de tuer l’équipage de « Vénus » sont historiquement inexacts.
Formule d’adresse au concepteur en chef
En réalité, les collègues et subordonnés de Sergueï Korolev s’adressaient à lui en utilisant son prénom et son patronyme : « Sergueï Pavlovitch ». Il s’agissait d’une formule respectueuse et couramment utilisée. Dans un cadre informel, on pouvait l’appeler « SP ».
Interdiction de porter une décoration pour des raisons de confidentialité
Dans le premier épisode, le concepteur en chef se voit décerner le titre de Héros de l’Union soviétique, puis sa décoration lui est retirée pour des raisons de confidentialité. Dans l’URSS réelle, les décorations étaient remises et portées publiquement. Elles ne pouvaient être confisquées qu’en cas de condamnation d’une personne pour un crime grave, mais pas pour « préserver la confidentialité » de son travail. Le secret n’était pas assuré par la confiscation des décorations, mais par un système d’autorisations et d’interdictions de divulgation.
La formule « camarade » sans précision
La formule « camarade » était une formule officielle, mais elle était toujours accompagnée du nom de famille, de la fonction ou du grade (par exemple, « camarade colonel » ou « camarade Korolev »). « Camarade » seul sonnait artificiel et aurait été perçu comme un manque de respect ou une moquerie. Ou bien comme un cliché hollywoodien éculé, si l’on parle de la série.
Des femmes en bas de nylon et talons hauts en hiver
En réalité, c’était une combinaison impossible. L’on ne portait les chapkas en fourrure que par grand froid, c’est-à-dire avec des manteaux chauds ou des vestes en mouton retourné et des bottes. L’on ne portait des escarpins que par temps chaud et sans neige : pas avant avril et pas après octobre. Seule Sarah Jessica Parker dans Sex and the City osait cette association.
« Thé noir »
Dans la série, un personnage propose à un autre de boire du « thé noir ». Pour un Soviétique, une telle association aurait pu paraître étrange, car c’était la seule variété de cette boisson qui existait à l’époque. Personne ne s’embarrassait donc à préciser « noir ».
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