Cinq raisons de regarder Les Trois sœurs, film d’animation russe nominé aux Oscars
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Il s’agit de son troisième film d’animation nominé aux Oscars
Konstantin Bronzit a été nominé deux fois aux Oscars. Il a obtenu sa première nomination en 2009 pour le film Histoire de toilettes, histoire d’amour : une élégie de 10 minutes sur une femme de ménage qui rêve de bonheur et est troublée lorsqu’elle commence à trouver des bouquets de fleurs déposés par quelqu’un.
Il a été nominé une deuxième fois en 2016 pour le film Nous ne pouvons pas vivre sans l’espace sur deux cosmonautes. Lorsque l’un d’eux meurt, le second, resté sur Terre en réserve, sombre dans la dépression et est réformé. Cependant, il est impossible de le lui signaler : les fonctionnaires qui viennent chez lui ne voient qu’une combinaison spatiale vide et un trou dans le plafond.
Nous ne pouvons pas vivre sans l’espace
Les Trois sœurs n’ont aucun lien avec Tchékhov
Le dessin animé n’a aucun rapport avec la célèbre pièce homonyme d’Anton Tchékhov. Selon l’intrigue, trois sœurs vivent sur une île et, pour améliorer leur situation financière, décident de louer une chambre dans leur maison. L’arrivée d’un nouveau locataire, un loup de mer avec une pipe entre les dents, vient perturber leur tranquillité. Les sœurs troquent leurs tenues ternes et grises contre des vêtements colorés et se disputent le cœur du barbu. L’une lui apporte du café, l’autre lave ses vêtements et la troisième part avec lui en promenade en mer.
L’intrigue s’inspire en partie d’une légende monténégrine
Bronzit a travaillé sur ce dessin animé pendant six ans. Il avait déjà dessiné la petite maison dans laquelle vivent les héroïnes lorsqu’il a découvert la légende monténégrine des trois sœurs, racontée dans la ville de Prčanj. Elles aimaient toutes le même marin et l’ont attendu jusqu’à leur mort. Après chaque enterrement, l’une des fenêtres de la maison était fermée, et seule la dernière est restée ouverte, symbolisant un rêve inaccessible. Intrigué, le réalisateur a décidé d’aller voir cette maison et a été surpris de constater qu’il en avait dessiné une presque identique.
Un dessin animé sans dialogues
Pendant les 15 minutes que dure Les Trois sœurs, personne ne parle, seules les mouettes piaillent, tandis que le marin sourit tranquillement. Ainsi, n’importe où dans le monde, l’on comprendra cette œuvre.
Le réalisateur a tourné le film sous un pseudonyme
Dans le générique, le réalisateur est crédité sous le nom de Timour Kognov. L’on peut trouver sa biographie sur Internet : né en 1969 en Géorgie, il a dessiné des storyboards pour des séries télévisées et des longs métrages, et vit à Toronto. C’est avec ces informations que Les Trois sœurs a été présenté au festival russe Message To Man et sélectionné au festival de Santa Barbara, où il a reçu le prix du meilleur court métrage d’animation.
Cachant sa véritable identité, Bronzit, selon ses propres mots, a décidé de mener une expérience sociale : il voulait savoir si un film pouvait connaître le succès uniquement grâce à sa qualité, et non grâce à la réputation de son auteur.
Plus tard, il a révélé son identité aux membres du jury et aux sélectionneurs du festival de Santa Barbara. Ceux-ci ont été surpris. « Quel rebondissement passionnant, et quel voyage intéressant vous et votre film avez accompli », ont-ils affirmé, remerciant le réalisateur de les avoir fait participer à son audacieuse expérience.
Bronzit a déjà déposé sa candidature aux Oscars en son nom propre. Les lauréats seront connus le 15 mars.
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