De la mémoire à la création: bilan 2025 et projets 2026 à la Maison russe de Bruxelles

Centre culturel et scientifique de Russie en Belgique/google.maps
Centre culturel et scientifique de Russie en Belgique/google.maps
Concerts d’exception, anniversaires symboliques et diplomatie culturelle assumée: en 2025, la Maison russe de Bruxelles a multiplié les initiatives pour affirmer son rôle de passerelle culturelle. Forte de cette dynamique, l’institution se projette en 2026 avec un programme largement tourné vers la musique, la littérature et la diversité culturelle des peuples de Russie.

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2025, une année de commémoration et de rencontres culturelles

« L’année 2025 a été plutôt intéressante et dynamique », affirme Vera Bounina, directrice de la Maison russe de Bruxelles, interrogée par Fenêtre sur la Russie, rappelant que les grands jalons fixés en amont ont pu être respectés.

Archives personnelles Vera Bounina
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La programmation a été largement structurée autour de dates historiques majeures, notamment le 80ᵉ anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe et de la victoire dans la Grande Guerre patriotique en Russie.

L’événement central de l’année a, selon elle, été la venue en Belgique de la chorale de jeunes Altro Coro de l’Académie russe de musique Gnessine. En mai, cette formation de 25 chanteurs a proposé plusieurs concerts dédiés à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. « C’était une découverte de très haut niveau artistique pour le public de la Belgique », souligne notre interlocutrice, estimant qu’il était important de faire connaître « la jeune musique russe et l’une des meilleures académies de musique du pays ». Le programme incluait également des œuvres de Tchaïkovski, dont l’on célébrait l’an dernier les 185 ans, établissant un lien entre commémoration historique et patrimoine musical.

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Dans le prolongement de cette démarche, la Maison russe a organisé en juin un concert d’un jeune orchestre belge à dimension internationale, composé principalement de musiciens du Conservatoire de Liège, entièrement dédié à Tchaïkovski. Deux initiatives que la directrice décrit comme « un pont culturel entre nos deux pays, consacré à deux dates majeures dans la culture et l’histoire universelles ».

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L’automne a quant à lui marqué un autre temps fort avec la célébration du 30ᵉ anniversaire de la Maison russe de Bruxelles, fondée dans les locaux de l’ancienne Association d’amitié belgo-russe, ainsi que les 100 ans de la diplomatie culturelle russe. Vera Bounina rappelle que cette tradition remonte à 1925, avec la création de la VOKS, association qui comptait des figures majeures de la culture russe telles que Maïakovski, Eisenstein ou Pasternak. Pour célébrer ce double anniversaire, un concert de jazz réunissant Daniel Kramer et Valeri Grokhovski, deux grands noms du piano jazz russe, a été organisé, accompagné d’une exposition retraçant l’histoire de l’institution et de la diplomatie culturelle russe, accessible sur place et en ligne.

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Enfin, la fin de l’année a pris un tour plus festif avec la venue en Belgique du Ded Moroz (Père Gel) officiel de Veliki Oustioug, le Père Noël russe. « Bien que ce ne soit pas un événement sérieux, surtout destiné aux enfants, il a vraiment marqué la fin de notre année culturelle », confie la directrice du centre, évoquant un moment « très touchant » pour les enfants russes et belges.

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Au-delà des événements, Vera Bounina insiste sur le sens de cette action culturelle : « La culture est au-dessus de la conjoncture politique ». Selon elle, le public belge et européen comprend que « les valeurs culturelles apolitiques doivent rester un point de soudure entre les cultures et entre les gens ».

2026, une programmation tournée vers la culture et la diversité ethnique

De son côté, l’année 2026 sera moins marquée par de grandes commémorations historiques, mais s’annonce « très chargée en dates liées à la culture », explique Vera Bounina. La littérature russe y occupera ainsi une place importante, avec des événements consacrés à Mikhaïl Boulgakov, largement connu à l’étranger pour Le Maître et Marguerite, mais aussi à Mikhaïl Saltykov-Chtchedrine, figure majeure de la satire et de la littérature ironique du XIXᵉ siècle, et Nikolaï Goumilev, grand poète moderniste du Siècle d’argent russe.

La musique restera évidemment un pilier de la programmation, avec des hommages prévus à Sergueï Prokofiev et Dmitri Chostakovitch, deux compositeurs majeurs de la musique moderne internationale dont les anniversaires seront célébrés en 2026. Tchaïkovski continuera également d’être à l’honneur à l’occasion des 150 ans de son cycle Les Saisons. La Maison russe entend s’associer à l’initiative d’une jeune association musicale flamande qui proposera, tout au long de l’année, des concerts dédiés à cette œuvre composée de douze pièces, chacune correspondant à un mois.

Autre axe fort : la diversité culturelle. L’année 2026 ayant été proclamée en Russie année de la diversité culturelle des peuples du pays, la Maison russe de Bruxelles prévoit de consacrer davantage d’événements à la richesse ethnique et culturelle russe. Des représentants de la diaspora russe en Belgique — Tchétchènes, Tatars, Ossètes notamment — seront par conséquent invités à présenter leurs langues, leurs cultures et leurs traditions. Un projet de festival du cinéma iakoute est également envisagé, afin de faire découvrir cette industrie cinématographique régionale reconnue pour sa vitalité et son originalité.

Enfin, Vera Bounina observe un intérêt croissant pour l’apprentissage du russe en Belgique, notamment chez les jeunes, pour des raisons professionnelles ou par désir de mieux connaître le pays. Un signe encourageant pour la directrice, qui espère que la Maison russe continuera, en 2026, « à coopérer, à créer ce pont culturel et à maintenir cette constante de la diplomatie populaire », qu’elle juge plus essentielle que jamais.

Dans cet autre article, découvrez comment est née et vit la diaspora russe en Belgique.