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Que les grands auteurs de la littérature russe pensaient-ils du carême de Pâques?

Fenêtre sur la Russie (Photo: YorVen/Getty Images; Legion Media; Fyodor Moller)
Nicolas Gogol appelait au respect des carêmes et Léon Tolstoï conseillait de s’abstenir de nombreuses choses tous les jours de l’année. Que pensaient de grands écrivains russes du carême le plus long et strict de l’année?

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Discipline des carêmes

Otto Friedrich von Möller

Nicolas Gogol respectait scrupuleusement les prescriptions religieuses : « J’ai enfin reçu l’icône et le livre de prières. Ils me sont parvenus juste à temps : à la veille du Grand Carême, à la veille du jour où j’ai commencé à observer le carême. Dieu a daigné que je communie aux Saintes Espèces. Qu’il soit remercié que je veuille encore mieux jeûner, encore mieux faire en sorte de pouvoir recevoir ce saint sacrement et surtout que je sois d’une façon ou d’une autre encore plus digne de Ses grâces ! », écrivit de Rome l’auteur des Âmes mortes à son amie Nadejda Cheremetieva à la fin du mois de mars 1846.

L’écrivain enjoignait à ses proches de faire de même. Par exemple, il recommandait instamment à sa sœur Olga de se plier aux exigences des quatre carêmes de l’année, c’est-à-dire de respecter les prescriptions alimentaires, d’assister régulièrement aux offices et de prier.  « Durant ce temps, s’éloigner de tous, penser uniquement à soi, se transporter dans son monastère spirituel, réfléchir à toutes les actions réalisées depuis le dernier carême, à commencer par la plus récente, faire son examen de conscience, se demander avec insistance de quels défauts l’on s’est libéré et de quels défauts il reste à se libérer... ».

Legion Media

Le savant Mikhaïl Lomonossov écrivait au sujet de la sévérité des exigences alimentaires durant les carêmes : « Il plaît à Dieu que nous ayons une conscience pure dans le cœur plutôt qu’un poisson pêché à moitié mort dans l’estomac, que les carêmes ne soient pas institués non pour se suicider avec des aliments nocifs mais pour s’abstenir des excès. »

Envers et contre tous

Bibliothèque du Congrès

Pour Léon Tolstoï, « Il n’y a rien qu’un chrétien doive faire obligatoirement et rien de quoi il doive obligatoirement s’abstenir, si ce n’est les carêmes et les prières que l’Église elle-même ne considère pas comme obligatoires. »

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Ses convictions personnelles contredisaient parfois les prescriptions ecclésiastiques : « Au sujet des carêmes, je pense qu’il n’est nul besoin de faire maigre certains jours de la semaine. Je crois qu’il faut faire maigre tous les jours, c’est-à-dire s’abstenir : 1) de manger de la viande, c’est-à-dire de tuer des animaux pour les manger ; 2) de consommer de l’alcool pour ne pas s’enivrer ; 3) de fumer du tabac et 4) d’essayer dans la mesure du possible de succomber au plaisir de la chair. »

Faire preuve de volonté !

Musée Pouchkine

Respecter les règles du Grand Carême durant toute sa durée est difficile. Il faut éviter les longs repas. « Par ennui, je compose souvent des vers assez ennuyeux (et parfois très ennuyeux), je lis souvent des poèmes qui ne valent pas mieux, j’ai récemment jeûné et suis allé à confesse – tout cela est loin d’être réjouissant », se plaignait Alexandre Pouchkine au poète et critique littéraire Piotr Viazemski dans une lettre du 27 mars 1816.

Musée Tchékhov

Dans son récit La Semaine Sainte, Anton Tchékhov décrit peut-être mieux que personne les privations du Carême de Pâques : « En rentrant à la maison, pour ne pas assister au dîner, je vais me coucher au plus vite ... J’entends comment on met la table et s’apprête à dîner ; il y aura de la salade de légumes, des chaussons au chou et du sandre frit. Comme j’ai faim !... Je suis prêt à endurer tous les tourments, à vivre dans le désert sans mère, à nourrir des ours à mains nues, à condition de manger d’abord un seul petit chausson au chou ! ».

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