Cinq façons de gâcher sa carrière en URSS
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La carrière d’un Soviétique dépendait directement de son intégration dans le système administratif du Parti. Tout comptait : l’apparence physique, les conversations en coulisses, la vie familiale. Tout écart était considéré comme un signe de manque de fiabilité.
Refus d’adhérer au Parti communiste (PCUS)
Le Parti n’était pas simplement une force politique, mais le pilier de toute la hiérarchie étatique. L’adhésion au PCUS constituait un sésame pour accéder à la nomenklatura — c’est-à-dire au cercle des postes de direction (directeurs d’usines, chefs de service, recteurs d’université, juges, procureurs, etc.). Une personne sans affiliation politique pouvait gravir les échelons jusqu’au poste de chef d’atelier ou de responsable de laboratoire, mais elle ne serait pas nommée à un poste plus élevé. La carte du Parti offrait également des avantages lors de l’attribution de logements gratuits et de séjours de vacances. Sans elle, ces avantages devenaient difficilement accessibles.
Manifestation ouverte de la religiosité
L’athéisme était l’idéologie officielle de l’État. La religion était considérée comme un « vestige du passé », et l’Église comme une institution hostile ou, au mieux, neutre, qui ne devait pas influencer le citoyen soviétique. Aller à l’église en public, faire baptiser ses enfants, porter une croix, célébrer les fêtes religieuses : tout cela pouvait servir de prétexte à une « remise à plat » lors d’une réunion du Parti, voire à un licenciement. Même en cas de non-licenciement, une telle personne n’était pas autorisée à travailler au contact du public (éducation, propagande, accueil au sein du Parti).
Comportements immoraux : maltraitance, adultère, divorce, alcoolisme
En URSS, la vie privée ne l’était pas vraiment, en particulier pour les cadres. Les comités du Parti et des syndicats surveillaient la « conduite morale » des cadres au moins autant que leurs résultats professionnels. L’alcoolisme quotidien, l’infidélité, la violence physique ou les liaisons scandaleuses pouvaient valoir à une personne d’être exclue du PCUS. Or, l’exclusion du Parti équivalait à la perte de son poste (s’il s’agissait d’un poste de la nomenklatura) et à une interdiction de plusieurs années d’accéder à tout poste de direction. Dans la pratique soviétique en matière de gestion du personnel, les hommes et les femmes divorcés étaient rarement nommés à des postes impliquant une responsabilité morale (par exemple, directeur d’école, juge). L’on considérait que « celui qui n’a pas su gérer sa famille ne общественной saura pas gérer un collectif ».
Refus des responsabilités et changements fréquents d’emploi
Le système soviétique valorisait la stabilité et l’engagement social. La carrière idéale consistait à entrer à l’usine en tant que mécanicien et à prendre sa retraite en tant que directeur. Les changements fréquents d’emploi étaient qualifiés de « fugacité » et considérés comme un défaut. Les services des ressources humaines voyaient d’un mauvais œil ceux qui changeaient d’emploi tous les 1 à 2 ans. Un tel employé n’était pas recommandé pour des postes à responsabilité, car il était jugé peu fiable.
La participation à la vie syndicale, le parrainage des jeunes, le travail au sein des milices populaires, la participation aux journées de travail collectif et aux défilés festifs étaient, comme on le disait en plaisantant à l’époque soviétique, « volontaires-obligatoires ». Celui qui séchait ces activités était qualifié d’« individualiste » et se voyait privé d’avantages sociaux.
Dissidence, blagues politiques et liberté vestimentaire
Tout ce qui enfreignait la « norme » soviétique était considéré comme une subversion. Même une simple phrase critiquant le pouvoir soviétique, prononcée dans la salle de pause, pouvait donner lieu à une dénonciation. Si l’affaire parvenait au comité du Parti, cela entraînait au minimum un avertissement sévère consigné dans le dossier personnel, au maximum une exclusion du Parti et un licenciement (voire des poursuites pénales pour « agitation antisoviétique »).
Des cravates aux couleurs vives, des pantalons étroits, des chemises à motifs, des cheveux longs chez les hommes : pour les autorités soviétiques, c’étaient là des signes d’« influence bourgeoise occidentale » et d’« instabilité morale ». Ces personnes n’étaient pas nommées à des postes à responsabilités ; elles pouvaient être exclues de l’université ou licenciées de leur emploi.
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