Sept bonnets des tsars russes qui ont survécu jusqu’à nos jours
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Bonnet de Monomaque
Il s’agit de l’insigne le plus célèbre des tsars russes. La légende raconte que l’empereur byzantin Constantin IX Monomaque l’aurait offerte à son petit-fils, le prince Vladimir Monomaque. Cependant, selon les historiens, cette coiffe aurait été réalisée vers la fin du XIIIe ou le début du XIVe siècle par des joailliers de la Horde d’Or pour le prince de Moscou Ivan Kalita. C’est précisément dans le testament de ce dernier que le « bonnet d’or » est mentionné pour la première fois.
Ivan le Terrible fut le premier tsar russe à être couronné en 1547 avec le bonnet de Monomaque. Il fut ensuite utilisé lors de cérémonies jusqu’en 1682. Le dernier à l’avoir portée fut Ivan V, frère de Pierre Ier.
Bonnet de Monomaque de deuxième tenue
Ivan et Pierre furent couronnés ensemble, ce qui nécessita la fabrication d’un deuxième ensemble d’insignes régaliens. Pour Pierre, l’on confectionna donc le bonnet de Monomaque de deuxième tenue.
En 1721, Pierre le Grand abolit la tradition de l’onction au tsarat et instaura le rituel du couronnement (et couronna lui-même son épouse, la future impératrice Catherine Ire).
Quelques décennies plus tard, son bonnet reçut un second nom : « bonnet de Tauride ». Sous Catherine II, en 1783, la Crimée fut en effet intégrée à l’Empire russe sous son ancien nom de Tauride.
Bonnet de Kazan
Revenons cependant à Ivan le Terrible. En 1552, il annexa le khanat de Kazan à l’État de Moscou, et le bonnet de Kazan fit son apparition parmi les insignes régaliens. Selon la version la plus répandue, cette coiffe dorée à plusieurs étages, ornée d’un saphir jaune, fut réalisée par des joailliers de Kazan.
On la retrouve également sur les armoiries actuelles de Kazan, capitale du Tatarstan.
Bonnet d’Astrakhan
En revanche, les armoiries d’Astrakhan arborent une autre coiffe. Celle-ci fut créée en 1627 pour le tsar Michel Ier, premier représentant de la dynastie des Romanov. Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que l’on commença à appeler ce bonnet « d’Astrakhan » ; auparavant, dans les inventaires, il était répertorié comme « friaze », c’est-à-dire fabriqué à la manière occidentale (en Russie, l’on appelait « friazi » les Italiens, voire même les Français).
Bonnet de Sibérie
Il est également connu sous le nom de bonnet « d’altabas ». L’altabas est un brocart épais à fils d’or, à partir duquel l’on confectionnait les tenues d’apparat des tsars. Cette coiffe fut conçue en 1684 pour Ivan V à l’occasion des cérémonies solennelles et était considérée comme la « troisième tenue » (la première étant la coiffe de Monomaque, la deuxième celle de Pierre Ier). Parmi toutes les coiffes, seule la coiffe « d’Altabas » est confectionnée en tissu et non en or.
Sur le Grand blason d’État de l’Empire russe du XIXe siècle, cette coiffe surmontait le bouclier du tsarat de Sibérie, ce qui lui valut le statut de « sibérienne ».
Bonnet de diamant d’Ivan V
En 1687, les joailliers du Palais des Armures créèrent pour Ivan et Pierre deux coiffes en diamants assorties. Pour cela, ils démontèrent d’anciens bijoux. Les deux bonnets furent conçus sur le modèle de celui de Monomaque, mais dans le style baroque alors en vogue.
Le bonnet d’Ivan V comportait une double armature métallique et était généreusement orné de diamants. Il était surmonté d’une grande tourmaline.
Bonnet de diamant de Pierre Ier
La coiffe de Pierre Ier est plus petite et plus légère que celle d’Ivan V, mais elle est en revanche plus coûteuse. Pour cet insigne, outre des diamants plus gros, l’on utilisa également de grandes pierres précieuses.
Cependant, Pierre Ier lui-même ne la portait pratiquement jamais.
Contrairement aux autres bonnets, ceux ornés de diamants ne furent pas utilisés en héraldique.
Dans cet autre article, découvrez en images les tenues de couronnement des monarques russes.