Cinq faits sur l’illustre prince russe Alexandre Nevski
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Il était issu de la dynastie des Riourikides
Parmi ses proches parents figuraient Vladimir Monomaque et le fondateur de Moscou, Iouri Dolgorouki. Vsevolod le Grand Nid (1154-1212), grand-duc de Vladimir, était quant à lui son grand-père paternel.
Le mariage d’Alexandre avec la fille du prince de Polotsk Briatchislav, Alexandra Briatchislavna, n’était pas seulement un événement personnel, mais un pas politique important : à cette époque, les terres russes subissaient la pression des croisés et des Suédois à l’ouest, tandis qu’à l’est grandissait la menace des Mongols (plus tard, de la Horde d’Or) . L’alliance avec la maison princière de Polotsk renforçait donc la position d’Alexandre au nord-ouest de la Rus’, où passaient les routes commerciales les plus importantes.
Il s’illustra comme un grand chef militaire
Alexandre remporta deux victoires décisives : la bataille de la Neva (1240) et la bataille du lac Peïpous (1242).
À l’été 1240, l’armée suédoise pénétra à l’embouchure de la Neva, cherchant à s’emparer des cités de Ladoga et Novgorod. Le prince Alexandre Ier partit rapidement à la rencontre de l’ennemi avec une petite troupe et la milice de Novgorod, attaquant l’adversaire par surprise. Cette manœuvre permit d’arrêter l’avancée des Suédois à l’intérieur des terres russes.
Plus tard, au printemps 1242, eut lieu la célèbre bataille sur la glace du lac Peïpous, qui marqua l’apogée d’un conflit de deux ans avec la Confédération de Livonie. Les chevaliers croisés s’emparèrent d’Izborsk et de Pskov, et fondèrent la forteresse de Koporié. Le prince reprit cette dernière et Pskov, puis envahit le territoire des Livoniens, mais fut contraint de battre en retraite sur la glace du lac Peïpous. Là, il tira parti des particularités du terrain et des faiblesses tactiques de l’ennemi pour remporter la victoire. La même année, en 1242, un traité de paix fut conclu, en vertu duquel les Livoniens renoncèrent à leurs prétentions sur les terres russes.
Il possédait des qualités diplomatiques rares
Alexandre Nevski était non seulement un stratège et un tacticien militaire talentueux, mais aussi un subtil diplomate. Ses relations avec la Horde d’Or constituent l’un des sujets les plus controversés de l’histoire russe. La répression des soulèvements anti-horde à Novgorod suscite les plus vives polémiques parmi les historiens. Deux raisons pragmatiques expliquaient ces bonnes relations avec la Horde. La première : la tolérance religieuse de la Horde. Contrairement à l’Occident, qui exigeait la conversion au catholicisme, les Mongols ne touchaient pas à la foi orthodoxe. La seconde était d’ordre personnel : grâce au soutien du khan, il put éliminer son principal rival au trône de Vladimir, son frère André.
Les relations avec la Lituanie constituèrent une deuxième victoire diplomatique importante. Au milieu du XIIIe siècle, la Lituanie représentait une menace au moins aussi sérieuse que les croisés. Les Lituaniens menaient une offensive systématique contre les terres de Novgorod, de Pskov et de Smolensk.
En 1245, Alexandre entreprit par conséquent une campagne de représailles couronnée de succès, au cours de laquelle il écrasa les troupes lituaniennes. Selon une hypothèse, il aurait pour ce faire utilisé la puissance militaire de la Horde d’Or. Cependant, en 1262, il conclut avec le grand-duc de Lituanie Mindaugas un traité d’alliance (peut-être scellé par le baptême de Mindaugas selon le rite orthodoxe) en vue d’une lutte commune contre l’ordre de Livonie.
Refus au pape
En 1248, alors que la Rus’ était déjà sous la domination de la Horde d’Or, le pape Innocent IV envoya deux cardinaux auprès d’Alexandre Nevski avec des bulles pontificales. Dans ses missives, le pape proposait au prince d’embrasser le catholicisme, en échange d’une aide dans la lutte contre les Mongols et l’ordre teutonique. Alexandre comprit qu’on lui proposait en substance de soumettre la Rus’ à Rome. La Vie d’Alexandre Nevski rapporte qu’il refusa catégoriquement aux envoyés du pape.
Il fut canonisé
En 1263, le culte local commença, car, selon la légende, des miracles autour de ses reliques se produisirent immédiatement après sa mort. Tout d’abord, son corps resta intact pendant 9 jours. Ensuite, lors des funérailles, alors que sa dépouille reposait déjà dans le cercueil, le métropolite Cyrille et son économe Sébastien s’approchèrent pour placer dans la main du prince défunt une « charte spirituelle » (une absolution écrite). Le prince lui-même, comme s’il était vivant, aurait alors tendu la main, pris la lettre et refermé ses doigts.
En 1381, le métropolite Cyprien institua une fête locale à Vladimir, et la canonisation à l’échelle de toute la Russie eut lieu lors du concile de Makariev en 1547. Plus tard, en 1724, Pierre Ier transféra solennellement les reliques du prince à Saint-Pétersbourg, dans la laure Alexandre-Nevski qu’il venait de fonder, faisant du prince le saint patron de la nouvelle capitale et de l’Empire, et institua la fête le 12 septembre.
Alexandre Nevski a toutefois été canonisé par l’Église orthodoxe russe non pas en tant que chef militaire et diplomate, mais en tant que défenseur de l’orthodoxie.
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