L’enfer sur terre vécu par les soldats soviétiques prisonniers des nazis

Roger Viollet via Getty Images
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«Les soldats bolchéviques ont perdu le droit à être traités dignement et dans le respect de la Convention de Genève», lit-on dans un ordre émis par le commandement suprême de la Wehrmacht au début de la guerre.

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Heinrich Hoffmann/Mondadori via Getty Images
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Selon les estimations, entre 4, 5 et 5, 7 millions de soldats de l’Armée rouge furent faits prisonniers par les Allemands durant la Grande Guerre patriotique. Plus de la moitié d’entre eux périrent durant leur captivité.

Les nazis justifiaient les conditions inhumaines auxquelles ils soumettaient les soldats soviétiques par le fait que l’URSS n’était pas signataire de la Convention de Genève de 1929. En réalité, le Troisième Reich avait obligation d’en respecter toutes les dispositions, quelle que soit la nationalité des prisonniers qu’il faisait.

Mondadori via Getty Images
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La mortalité des prisonniers de guerre soviétiques faits par les Allemands fut à son plus haut durant les 8-9 premiers mois de la guerre. Pour s’assurer leur « espace vital », les nazis tuaient les Soviétiques sans raison ou pour des vétilles. Lorsqu’ils comprirent que le conflit durerait, ils réduisirent leurs prisonniers à l’état d’esclaves travaillant comme main d’œuvre au service du Reich.

ullstein bild via Getty Images
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Les camps nazis pour les prisonniers de guerre soviétiques n’étaient pas suffisamment grands pour tous les contenir. Ils vivaient entassés dans des baraques non chauffées. La promiscuité et le manque d’hygiène y étaient épouvantables. Il n’était pas rare que les camps ne soient que des terrains entourés de fils barbelés sur lesquels il n’y avait aucun baraquement. Les prisonniers vivaient alors en plein air, sans possibilité de s’abriter.

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Corbis via Getty Images
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Les hôpitaux pour prisonniers de guerre étaient à peine différents des baraques. Il n’y avait pas de matériel médical ; les lits étaient en nombre insuffisant ; il n’y avait pas de matelas ; les malades étaient allongés à même le sol sale. Fiodor Iasnov, un habitant de Peski, près de Pskov, se souvenait que, en 1942, les Allemands avaient mis le feu à une baraque où avaient été regroupés des prisonniers atteints du typhus.

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Les conditions de transport des prisonniers de guerre étaient tout aussi abominables que les celles de leur captivité. Les nazis pouvaient les faire marcher pendant des semaines sur des centaines de kilomètres. Ils ne prenaient aucun soin des blessés et des malades. Ceux qui décrochaient des colonnes étaient achevés sans pitié.

Karl Rauscher/Imagno/Getty Images
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Lorsqu’ils étaient déplacés en train, les soldats soviétiques étaient entassés dans des wagons sans planches pouvant servir de couchettes, sans toilettes. On ne leur donnait ni à boire, ni à manger. Ils mouraient soit de chaud, soit de froid. Quand les trains arrivaient à destination, il n’était pas rare qu’aucun prisonnier n’ait survécu aux conditions de transport.

Universal History Archive/Universal Images Group via Getty Images
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Les Allemands nourrissaient à peine les prisonniers de guerre soviétiques. Ils leur donnaient ce qu’ils avaient pillé dans les territoires occupés. Quand ils avaient mangé dans la journée un quignon de pain et une soupe dans laquelle flottaient des épluchures de pommes de terre, les prisonniers avaient eu de la chance. Pour ne pas mourir de faim, ils mangeaient de l’herbe et chassaient les souris, les grenouilles et même les chats.

« La nourriture était exécrable : un morceau de pain avec de la sciure en guise de déjeuner et une décoction d’herbe en guise de thé trois fois par jour. Nous mâchions ce morceau de pain pendant des heures pour l’attendrir avec notre salive parce qu’il était impossible de l’avaler immédiatement. On mâchait tant que nous avions encore quelque chose dans la bouche », se souvenait Konstantin Tchoukhlantsev, prisonnier de guerre soviétique.

Bettmann/Getty Images
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Les Allemands interdisaient catégoriquement à la population qui vivait près des camps de prisonniers de leur faire passer de la nourriture. Une habitante de Pskov occupée se souvenait : « J’ai moi-même vu une paysanne tendre une carotte à un prisonnier de guerre qui passait d’elle à côté escorté d’un Allemand. Il l’a frappé avec un gros bâton de bouleau. Sous la violence du coup, le prisonnier s’est effondré et l’Allemand l’a achevé d’un coup de pistolet puis a déposé la carotte à côté de son cadavre pour faire comprendre qu’elle était la raison de sa mort ».

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Les prisonniers de guerre qui avaient encore la force de se déplacer seuls étaient réduits à l’état d’esclavage et servaient de main d’œuvre pour assurer les besoins du Troisième Reich. Des milliers d’entre eux périrent en construisant une route dans le nord de la Norvège. Elle reste connue sous le nom de « route de sang ».

Pavel Garinov, qui fut envoyé dans une mine de charbon, se souvenait : « Les mineurs travaillaient 14 heures par jour. L’espérance de vie ne dépassait pas un mois et demi. On nous donnait à manger un brouet épais et acide que, même affamés, nous ne pouvions pas avaler. Matin et soir, les cadavres des prisonniers morts étaient ramassés et entassés nus dans deux fourgons. Ils étaient ensuite jetés dans une fosse commune ».

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