Sept films de Stanislav Govoroukhine à voir ou revoir
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Avant de devenir réalisateur, Stanislav Govoroukhine (1936-2018) avait écouté sa mère : il avait fait des études de géologie. Grâce à son premier métier, il avait vu presque toute l’URSS. Mais, il attendait plus encore de la vie. Il trouva un travail aux studios de télévision de Kazan. En 1961, il partit pour Moscou où il entra au VGIK (Institut Cinématographique Pansoviétique d’État).
La Verticale (Вертикаль), le premier long-métrage qu’il tourna, lui apporta la notoriété. Ainsi qu’au barde Vladimir Vyssotski qui y tient un de ses premiers rôles au cinéma. Stanislav Govoroukhine ne se consacrait pas qu’à la mise en scène. Il écrivait des scénarios, dont celui du film d’action Les Pirates du XXe Siècle, et acceptait certains rôles, dont celui de gangster dans Assa de Sergueï Soloviov.
Le cinéma n’était pas le seul art auquel il s’intéressait. Dans les années 1990, il se mit à peindre des paysages, dont il disait qu’ils lui permettaient de voir différemment non seulement le monde, mais aussi lui-même. Il aimait jouer au billard et aux échecs. Durant la Péréstroïka, il toucha à la politique. En 2000, il se présenta à l’élection présidentielle.
En dépit de tous ses centres d’intérêt, Vladislav Govoroukhine reste surtout connu pour ses films et téléfilms devenus de grands classiques.
1. La Verticale / Вертикаль (1967)
Stanislav Govorouknine tourna son premier long métrage en collaboration avec son condisciple du VGIK Boris Dourov. Ce film sur ceux sur « qui l’on peut compter », comme le chante Vladimir Vyssotski, fut tourné dans la région de la rivière Baksan au pied du mont Elbrouz. Il raconte l’histoire d’un groupe d’alpinistes qui cherche à en atteindre le sommet. Le radio resté au camp de base informe l’un des alpinistes qu’une tempête les attendra au sommet. Celui-ci préfère cacher cette information à ses compagnons de cordée parce qu’il espère impressionner Larissa, la médecin de l’équipe, elle aussi restée au camp de base.
Stanislav Govoroukhine confia le rôle du radio à Vladimir Vyssotski. Il interprète à l’écran les chansons qu’il composa durant le tournage.
2. On ne Change pas le Lieu d’un Rendez-vous / Место встречи изменить нельзя (1978)
Dans la Moscou de l’après-guerre, la milice fait la chasse à une bande de malfaiteurs qui se fait appeler le « chat noir ». Elle y infiltre l’un de ses hommes, le jeune Vladimir Charapov. Ce téléfilm policier en cinq parties est une adaptation du roman des frères Vaïner L’Ere de la Miséricorde. Vladimir Vyssotki y tient l’un des rôles principaux, celui du capitaine de la milice Gleb Jeglov. Il participa au travail sur le scénario et mit même plusieurs scènes en scène.
Cette série rencontra un immense succès et nombreux sont ceux qui connaissent certaines de ses répliques par cœur. Par exemple, « Mon pauvre Charapov, tu en as une de ces bobines ! », « Les voleurs doivent être mis en prison ».
3. Dix Petits Nègres / 10 негритят (1987)
Il s’agit de l’adaptation du roman d’Agatha Christie. Dix personnes qui ne se connaissent pas sont invitées sur une île isolée où elles vont payer de leur vie les crimes qu’elles ont commis. Leur juge et bourreau leur applique à chacun une peine différente. À chaque mort, une petite figurine africaine disparaît du plateau posé sur la table de la salle à manger. Ce n’est pas seulement un film policier, c’est un film sur le châtiment inéluctable.
Stanislav Govoroukhine considérait Les Dix Petits Nègres comme le premier thriller soviétique et son meilleur film.
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4. On ne peut vivre ainsi / Так жить нельзя (1990)
Ce film est un documentaire sur l’URSS à la fin de la période de la Péréstroïka. Stanislav Govoroukhine le tourna dans différentes régions du pays pour montrer combien la vie des gens avait changé de façon catastrophique. La projection de ce film fit l’effet d’une douche froide : délabrement, déchaînement de la criminalité, crise du pouvoir. Les critiques qualifièrent ce film de « regard porté dans l’abîme ». Rétrospectivement, son auteur pensait que son document avait fait plus de mal que de bien.
5. Le Tireur d’Elite / Ворошиловский стрелок (1999)
Ce film est un drame sur la loi du talion. Trois amis attirent chez eux une jeune fille et la violent. L’ayant appris, son grand-père, un ancien combattant de la Grande Guerre patriotique, comprend que la justice ne condamnera pas les coupables : l’un d’eux est le fils d’un lieutenant de la milice et l’affaire sera étouffée. Le grand-père décide alors de faire justice lui-même. Il tue deux des violeurs. Le troisième, le fils du lieutenant de la milice, perd la raison et tire sur son père.
On reprocha à Stanislav Govoroukhine d’approuver ceux qui se font justice eux-mêmes. Mais, il considérait que les coupables doivent être condamnés. Si cela n’arrive pas, « les gens commencent à vivre selon les lois de la jungle ».
6. Bénie soit la femme / Благословите женщину (2003)
Ce film est inspiré d’une histoire vraie. Véra épouse Alexandre, un militaire. Tout est dès lors régi par les intérêts et les désirs de son mari. Après sa mort, une nouvelle vie commence pour elle. Ce film rendit célèbre Svetlana Khodtchenkova qui tient le rôle de Véra. Impressionné par son talent, Stanislav Govoroukhine voulait la faire tourner dans d’autres films. À une condition, qu’elle ne maigrisse pas. Mais, la jeune actrice en décidaautrement.
7. La Fin d’une Époque Formidable / Конец прекрасной эпохи (2015)
Ce film est la déclaration d’amour de Stanislav Govoroukhine au cinéma en noir et blanc. Il disait lui faire plus confiance qu’au cinéma en couleur. Il adapta plusieurs nouvelles de Sergueï Dovlatov. Le titre est emprunté au poète et prix Nobel Iossif Brodsky. L’action se passe à une « époque formidable » de l’histoire de l’Union soviétique : celle du Dégel. Le journaliste Andreï Lentoulov quitte Leningrad pour aller travailler à Tallin. Il perd son travail lorsqu’on découvre un de ses manuscrits chez l’un de ses amis dissidents. C’est alors aussi la fin du Dégel dont on se souvient comme du temps heureux d’une liberté relative.
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