Que d’illustres représentants de la culture russe pensaient-ils de leur langue?
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Mikhaïl Lomonossov. Grammaire Russe, 1755
« Charles Quint, l’empereur romain (germanique – ndrl), disait qu’il était de bon ton de parler espagnol avec Dieu, français avec ses amis, allemand avec ses ennemis et italien avec la gente féminine. Mais, s’il avait maîtrisé la langue russe, il aurait ajouté qu’il est bienséant de la parler avec tous. Il aurait trouvé en elle la grandeur de l’espagnol, la vivacité du français, la force de l’allemand, la douceur de l’italien et, plus encore, la richesse et une concision forte dans les descriptions du grec et du latin ».
Alexandre Pouchkine au sujet de l’avant-propos de M. Lemontey de la traduction des fables de Krylov, 2e moitié des années 1820
« Le matériau des belles-lettres qu’est la langue slavo-russe a un avantage incontestable sur toutes les langues européennes : son destin est incroyablement heureux. Au XIe siècle, le grec lui offrit soudain son lexique, un trésor d’harmonie, les règles de sa grammaire raisonnée, ses tournures magnifiques, le cours sublime de son élocution. En un mot, il l’a adoptée, la libérant ainsi des lentes améliorations qui se font avec le temps. Sonore et expressive, elle acquit souplesse et justesse ».
Nicolas Gogol. Les Âmes Mortes, 1842
« Mais on chercherait en vain une langue qui fût plus nativement primesautière, vigoureuse et gaillarde, qui jaillit plus spontanément du cœur même, comme d’une source abondante, qui eût à sa discrétion toujours de ces mots qui montent, s’enroulent, s’échappent au moment donné, portent et frappent très juste et très fort, comme le fait le subtil mot russe d’après le nom qu’il a dans le pays de méetkoé rouskoé slovo »*.
Nicolas Gogol. Passages Choisis d'une Correspondance avec des Amis, 1846
« On ne cesse de s’étonner de la richesse de notre langue : chacun de ses sons est un présent. Tout en elle est grenu et rond comme le sont les perles. Son nom est encore plus précieux que l’objet qu’il désigne ».
Vissarion Bielinski. Une Voix pour Défendre « Une Voix Défendant la Langue Russe », 1846
« La langue russe est incroyablement riche, souple et expressive quand elle décrit des notions naturelles et simples. La preuve en fut donnée que, pour exprimer les différentes nuances d’une action, la langue russe possède jusqu’à dix et parfois plus de verbes d’aspects différents formés sur la même racine ».
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Alexandre Herzen. Passé et Pensées, 1855
« La principale caractéristique de notre langue est l’extraordinaire légèreté avec laquelle on peut tout exprimer : des pensées abstraites, des états d’âme lyriques, la vanité de la vie (« жизни мышья беготня » – citation d’Alexandre Pouchkine, ndlr), un cri d’indignation, une espièglerie pétillante ou une passion bouleversante ».
Ivan Tourgueniev. Extrait de sa correspondance concernant Père et Fils, 1869
« Prenez soin de notre langue, de notre magnifique langue russe. C’est un trésor, c’est un héritage que nous avons reçu de nos prédécesseurs, à commencer, une fois encore, par l’illustre Pouchkine ! Maniez ce puissantinstrument avec déférence. Dans des mains expertes, il est capable de faire des miracles ! ».
Ivan Tourgueniev. La Langue Russe (extrait des Poèmes en Prose), 1882
« Aux jours de doute, aux jours où l’incertitude sur les destins de ma patrie pèse comme un fardeau, tu es mon seul soutien, mon seul appui, Ô toi, grande, puissante, loyale et libre langue russe. Comment, sans toi, ne pas tomber dans le désespoir, au spectacle de ce qui se fait chez nous ? Non, il est impossible de croire qu’une langue pareille ne soit pas l’apanage d’un grand peuple ! »**
Maxime Gorki. Mon Apprentissage de la Lecture, 1928
« Il est impossible d’épuiser la richesse de la langue russe qui continue de s’enrichir à une vitesse impressionnante ».
Konstantin Paoustovski. La Rose d’Or, 1955
« De nombreux mots de la langue russe irradie la poésie comme les pierres précieuses irradient un éclat mystérieux ».
* Source : Les Âmes mortes Traduction par Ernest Charrière. Librairie de L. Hachette et Cie, 1859 (1, p. 134-168).
** Source : Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes, 50e année , 5e série, (p. 498).
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